Nom commun : Chabot fluviatile
Nom scientifique : Cottus perifretum (Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005)
Autres noms : cabot, chabot celtique, têtard
Famille : Cottidés
Description
Le Chabot fluviatile a une silhouette typique de la famille des Cottidés, à savoir une tête large (un tiers de la longueur du corps), des yeux rapprochés assez hauts et une bouche terminale large. Il se distingue par la présence de spicules sur les deux tiers du corps. La nageoire caudale est légèrement tronquée et la ligne latérale, incomplète, est marquée par des pores.
Le Chabot fluviatile mesure en moyenne entre 10 et 15 cm pour un poids moyen d’environ 12 g.
Habitat et répartition
Un poisson de fond aux eaux vives et oxygénées
Le Chabot fluviatile colonise les mêmes habitats que le chabot commun : il vit principalement dans les eaux fraîches, claires et bien oxygénées. Il affectionne les grands cours d’eau de plaine à courant modéré à rapide, avec des fonds graveleux ou rocheux, où il peut se cacher pour échapper aux prédateurs. On peut notamment le rencontrer au pied des barrages.
Où le rencontrer ?
📍 Europe occidentale (espèce autochtone)
En France, le Chabot fluviatile est largement répandu dans les bassins de la Seine, de la Loire, du Rhône et du Rhin. Il remonterait également assez haut dans le Limousin.
Il est absent des zones côtières méditerranéennes et de certains cours d’eau du sud-ouest.
Reproduction
La reproduction du Chabot fluviatile a lieu entre mars et avril.
Le mâle choisit une cache sous une pierre ou dans une cavité. La femelle y dépose ses 50 à 250 œufs adhésifs, que le mâle féconde immédiatement.
Il reste ensuite près de la ponte afin de la ventiler avec ses nageoires (pour l’oxygéner) et de la protéger contre tout intrus jusqu’à l’éclosion, qui se produit après 2 à 3 semaines.
Les alevins restent cachés quelques jours avant de rejoindre les zones peu profondes pour commencer leur croissance autonome.
Alimentation
Le Chabot fluviatile est un poisson carnivore benthique (qui se nourrit près du fond de l’eau).
Son régime se compose de petits invertébrés aquatiques (larves d’insectes, vers, crustacés) et parfois d’œufs ou d’alevins d’autres poissons.
Il capture ses proies en fouillant entre les graviers et les pierres grâce à sa morphologie aplatie parfaitement adaptée à la vie de fond.
Statut de conservation
Le Chabot fluviatile figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Malgré ce statut favorable, il bénéficie d’une protection européenne :
- Annexe II de la Directive Habitats (Directive 92/43/CEE) : le chabot est inscrit parmi les espèces d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation (ZSC) dans le réseau Natura 2000
- Les projets d’aménagement susceptibles d’affecter ses habitats font l’objet d’évaluations d’incidences Natura 2000
Le chabot fluviatile est considéré comme une espèce indicatrice dont la conservation est prioritaire à l’échelle européenne.
Le saviez-vous ?
💡 Contrairement à la plupart des poissons, le Chabot fluviatile ne possède pas de vessie natatoire (l’organe qui permet aux poissons de réguler leur flottabilité). Cette particularité l’oblige à rester au fond des cours d’eau et des plans d’eau, d’où sa morphologie aplatie et ses larges nageoires pectorales qui lui permettent de s’arc-bouter au substrat dans les courants forts.
💡 Il vit surtout dans les eaux froides et claires, ce qui en fait un excellent indicateur de la qualité des milieux aquatiques. Sa disparition locale est souvent le premier signe d’une dégradation d’un cours d’eau.
💡 Pendant longtemps, tous les chabots d’Europe occidentale étaient considérés comme une seule espèce : Cottus gobio. En 2005, des études génétiques ont révélé qu’il s’agissait en réalité d’un complexe de plusieurs espèces distinctes : le chabot des bassins du nord-ouest européen (dont la Seine) a alors reçu son propre nom scientifique, Cottus perifretum.
Illustration © Victor Nowakowski


