Nom commun : hotu

Nom scientifique : Chondrostoma nasus (Linnaeus, 1758)

Autres noms : nase, nez, tunar

Famille : Cyprinidés

Description

Le hotu présente un corps fuselé ainsi qu’un museau très allongé, avec une bouche infère en forme de rabot. Les lèvres sont épaisses et cornées, notamment la lèvre inférieure. La nageoire caudale est échancrée. Les nageoires sont teintées de rouge, à l’exception de la nageoire dorsale qui est grise.

Les flancs sont clairs et argentés tandis que le dos est plus sombre. Lors de la phase de reproduction, la robe des mâles s’assombrit et des tubercules nuptiaux blancs apparaissent sur leur tête.

La taille du hotu dépasse rarement 51 cm pour un poids de 1,5 kg.

© Association Rhin-Meuse Migrateurs

Habitat et répartition

Un poisson des eaux vives

Espèce rhéophile, le hotu fréquente les cours d’eau courants, clairs et bien oxygénés, à fonds de graviers et de galets. Selon la zonation piscicole de Huet, l’espèce se déplace de la zone à barbeau à la zone à brème, en fonction de la saison et de la température de l’eau.

Grégaire, la structure des bancs de hotus varie au cours de leur cycle de vie : les bancs de juvéniles sont plurispécifiques tandis que les bancs d’adultes sont plutôt monospécifiques.

Où le rencontrer ?

📍 Europe centrale et occidentale (espèce autochtone en France)

En France, le hotu est apparu dans nos cours d’eau dès le milieu du XIXᵉ siècle, en transitant parmi les canaux du Nord-Est (bassins du Rhin, de la Meuse et de la Moselle). Son champ d’expansion s’est étendu en moins de quarante ans aux bassins de la Seine, de la Loire et du Rhône. Il est encore absent des bassins du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, même s’il a déjà été rencontré dans le bassin de l’Hérault.

Reproduction

Durant trois semaines, la reproduction du hotu a lieu de mars à avril, quand la température atteint 8 à 11 °C. Elle se traduit souvent par de grands mouvements migratoires vers des sites peu profonds, à fort courant et à fonds graveleux.

Les mâles deviennent plus sombres et se parent de tubercules nuptiaux blancs. La ponte des femelles (10 000 à 40 000/kg) s’effectue dans des gravières en eau courante et peu profondes. Une fois éclos, les juvéniles forment des groupes mixtes avec d’autres espèces.

L’espérance de vie moyenne est d’une douzaine d’années mais peut atteindre exceptionnellement 25 ans.

Alimentation

Le hotu est un brouteur microphage : il racle le périphyton (fine couche d’algues et de micro-organismes) et les diatomées fixés sur les substrats à l’aide de ses lèvres cornées à bord tranchant. Son très long tube digestif est adapté à cette alimentation essentiellement végétale.

Les juvéniles sont moins spécialisés et peuvent consommer des proies animales.

Statut de conservation

Le hotu figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le saviez-vous ?

💡 En broutant le film d’algues qui recouvre les galets, le hotu joue un rôle d’entretien des fonds.

💡 Là où il s’étend, le hotu concurrence et s’hybride avec le toxostome (Parachondrostoma toxostoma), une espèce cousine du sud de la France, plus rare et protégée. Son expansion a accompagné le déclin du toxostome dans certains bassins.

💡 Exigeant en eaux claires et bien oxygénées, et dépendant de la libre circulation pour se reproduire, le hotu est un bon témoin de la qualité et de la continuité écologique des cours d’eau.

Illustration © Victor Nowakowski

 

Préoccupation mineure
(UICN, juillet 2019)


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Carte


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