
Nom scientifique : Lota lota
Autres noms : lotte de rivière
Famille : Lotidés
Étonnant poisson de fond au corps marbré et au menton orné d’un unique barbillon, la lote de rivière a une particularité rare : elle se reproduit en plein hiver.
Habitat et répartition
Un poisson d’eaux fraîches
La lote de rivière affectionne les eaux fraîches et bien oxygénées : rivières de plaine fraîches, grands cours d’eau et lacs profonds. C’est une espèce sténotherme d’eau froide (qui ne supporte qu’une plage de températures basses).
Adulte, la lote est benthique (qui vit sur le fond) et solitaire : elle passe le jour cachée sous les pierres, les racines ou les berges, et chasse la nuit. Les jeunes, eux, sont grégaires et se tiennent près de la surface.
Où la rencontrer ?
- Hémisphère Nord — Europe, Asie, Amérique du Nord (espèce autochtone)
En France, la lote de rivière est présente mais localisée, surtout dans les grands cours d’eau de plaine et les lacs de l’est et du nord-est. Ses populations ont fortement régressé.
Reproduction
La reproduction de la lote est unique parmi nos poissons d’eau douce : elle a lieu en plein hiver, de décembre à février, lorsque la température de l’eau descend sous 5 °C, parfois sous la glace.
Les adultes se rassemblent alors en groupes sur les fonds graveleux ou dans les zones inondées. Les femelles y libèrent un très grand nombre d’œufs, qui se développent sans soins parentaux.
Cette dépendance aux zones inondables rend l’espèce très vulnérable : les aménagements qui coupent l’accès à ces milieux compromettent directement sa reproduction.
Alimentation
La lote de rivière est un prédateur nocturne qui chasse à l’affût sur le fond.
Les jeunes consomment du zooplancton et de petits invertébrés. En grandissant, la lote devient piscivore : elle se nourrit de poissons, d’écrevisses et de gros invertébrés, et ne dédaigne pas les œufs d’autres espèces.
Statut de conservation
La lote de rivière est classée « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019). Poisson d’eau froide, elle est en déclin sous l’effet du réchauffement des eaux, de la pollution et de la disparition de ses zones de reproduction.
Très sensible aux micropolluants, notamment aux polychlorobiphényles (PCB), la lote est aussi un bon indicateur de la contamination des cours d’eau.
Le saviez-vous ?
💡 Menacée par le réchauffement. Poisson d’eau froide, la lote supporte mal la hausse des températures : au-delà de 25 °C, la mortalité grimpe fortement. Le réchauffement climatique est l’une des principales menaces qui pèsent sur elle.
💡 À ne pas confondre avec la lotte de mer. Malgré son nom, la lote de rivière n’a aucun lien avec la « lotte » des étals de poissonnier, la baudroie (Lophius). Ce sont deux espèces totalement différentes.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN de la lote de rivière
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/68336
Illustration © domaine public


