Nom commun : lote de rivière
Nom scientifique : Lota lota (Linnaeus, 1758)
Autres noms : moutelle, barbotte, bourbotte
Famille : Lotidés
Description
La lote de rivière présente un corps allongé et cylindrique, légèrement comprimé vers la queue. Sa peau est recouverte de petites écailles ainsi que d’un épais mucus. La tête, large et plate, est fendue d’une large bouche couverte de très fines dents. La mâchoire inférieure possède un long et unique barbillon et les narines se présentent sous la forme de deux orifices assez éloignés avec chacune un petit barbillon.
Deux nageoires dorsales sont juchées sur son dos, dont une beaucoup plus longue que l’autre. La nageoire anale est également allongée. Les nageoires pectorales et caudale sont courtes et arrondies tandis que les nageoires ventrales sont effilées.
Le dos est brun verdâtre ou jaunâtre avec des marbrures plus sombres. Le dégradé s’éclaircit sur les flancs et le ventre est blanc jaunâtre.
La taille de la lote de rivière varie de 50 à 100 cm pour un poids de 4 à 5 kg.

© Willy Sylvestre – FDAAPPMA 74
Habitat et répartition
Un poisson d’eaux fraîches
Espèce sténotherme d’eau froide, la lote fréquente les eaux vives, fraîches et bien oxygénées des rivières, mais également les eaux stagnantes (lacs clairs, bras morts) et saumâtres (lagunes). Elle cible les habitats naturels lui offrant des possibilités d’abri (racines, rochers, végétation aquatique dense) et supporte très mal les milieux aquatiques touchés par la pollution.
Où la rencontrer ?
📍 Europe centrale et occidentale, Amérique du Nord (espèce autochtone)
En France, la lote de rivière est surtout localisée dans le Rhône et dans la moitié Est de l’Hexagone. On peut cependant la rencontrer ponctuellement dans les petits ruisseaux des principaux bassins français.
Reproduction
La lote se reproduit en plein hiver, quand l’eau descend en-dessous de 5 °C. Le processus a lieu de nuit dans les bras morts ou les annexes inondées en rivière (0,5 à 1 m de profondeur) et dans les lacs (2 à 3 m de profondeur).
Une à deux dizaines d’individus s’entrelacent jusqu’à former une boule (1/2 mètre de diamètre) au sein de laquelle sont libérés et fécondés les ovules (plus d’un million d’ovules par kg). Les œufs, semi-pélagiques, tombent lentement au fond de l’eau et, après 1 à 2 mois d’incubation, éclosent. Les jeunes alevins sont d’abord pélagiques et nagent en bancs sous la surface. Une fois la taille de 3 cm atteinte, ils descendent dans le fond et deviennent solitaires.
Dépendante des zones humides pour sa reproduction, la lote est très vulnérable à la déconnexion de ces milieux.

© Fédération de pêche de Savoie
Alimentation
La lote de rivière est un poisson benthique nocturne : elle chasse à l’affût sur le fond.
Les alevins se maintiennent sous la surface de l’eau et consomment du zooplancton et de petits invertébrés. En grandissant, la lote devient le prédateur de gros invertébrés (écrevisses), de poissons et ne dédaigne pas également les œufs d’autres espèces.
Statut de conservation
La lote de rivière figure dans la catégorie « vulnérable » (VU) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019). Poisson d’eau froide, elle est en déclin sous l’effet du réchauffement des eaux, de la pollution et de la disparition de ses zones de reproduction.
Le saviez-vous ?
💡 Poisson d’eau froide, la lote supporte mal la hausse des températures : au-delà de 25 °C, la mortalité grimpe fortement.
💡 Malgré son nom, la lote de rivière n’a aucun lien avec la « lotte » des étals de poissonnier, la baudroie (Lophius). Ce sont deux espèces totalement différentes.
💡 Très sensible aux micropolluants, notamment aux « polychlorobiphényles (PCB) », la lote est aussi un bon indicateur de la contamination des cours d’eau.
Illustration © Victor Nowakowski


