Nom commun : perche soleil

Nom scientifique : Lepomis gibbosus (Linnaeus, 1758)

Autres noms : poisson-soleil, calicoba

Famille : Centrarchidés

Description

Le corps de la perche soleil est très aplati latéralement. Sa bouche est terminale, petite et légèrement oblique. La nageoire caudale est peu fourchue et ses nageoires pectorales, longues et en pointe, semblent fusionnées. La nageoire anale possède 3 épines aiguisées.

Sa robe, très brillante, est dominée par des teintes vertes et bleues sur le dos, avec des flancs à taches couleur rouille. Le ventre est jaune orangé. L’opercule est large et présente une tache noire bordée d’un point rouge écarlate chez le mâle, un trait beaucoup moins marqué chez la femelle. Le mâle est également plus grand et plus coloré.

La taille de la perche soleil à l’âge adulte varie de 8 à 15 cm, pour une taille maximale exceptionnelle enregistrée à plus de 18 cm (23 cm pour 350 g dans le fleuve Rhône).

© Yannick Ledoré – FFAL

© Laurent Madelon

Habitat et répartition

Un poisson des eaux calmes et ensoleillées

La perche soleil fréquente les eaux peu profondes, calmes et ensoleillées des plans d’eau, annexes hydrauliques et cours d’eau. Elle est particulièrement présente dans les cours d’eau régulés, les gravières et les réservoirs.

Très tolérante aux fortes températures et aux eaux peu oxygénées, elle s’adapte à toutes sortes de milieux : naturels, artificiels ou même dégradés.

Où la rencontrer ?

📍 Amérique du Nord (espèce introduite en France)

Introduite au XIXᵉ siècle, la perche soleil s’est naturalisée sur l’ensemble des bassins hydrographiques français.

Reproduction

La perche soleil se reproduit de mai à août, quand les températures sont comprises entre 15 °C et 30 °C. La maturité sexuelle est généralement de 3 ans chez le mâle et de 4 ans chez la femelle.

Le mâle creuse un nid circulaire en eau peu profonde dans lequel la femelle pond entre 8 000 et 11 000 ovules.

Comme le poisson-chat, la perche-soleil pratique des soins parentaux marqués : le mâle protège la ponte et ventile les œufs avec ses nageoires pour les oxygéner.

Les œufs sphériques éclosent au bout de 2-3 jours et les larves, de 2,4 à 2,9 mm, demeurent sous sa protection avant de devenir entièrement autonomes (stade juvénile à 8-12 mm).

Alimentation

La perche soleil est un poisson opportuniste dont le régime varie en fonction des ressources disponibles dans son environnement. Espèce diurne et chassant à vue, elle consomme principalement des crustacés planctoniques, des larves d’insectes, de petits invertébrés (insectes, crustacés, vers, mollusques) et parfois des œufs et alevins d’autres poissons.

Statut et impacts écologiques

La perche soleil figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Elle est considérée comme une espèce exotique envahissante (EEE), susceptible d’avoir des impacts écologiques importants sur les écosystèmes aquatiques :

❌ Compétition avec les espèces autochtones pour la nourriture et l’habitat

❌ Prédation sur les œufs et alevins d’espèces autochtones

❌ Modification des équilibres écologiques par sa forte densité dans les milieux qu’elle colonise

❌ Faible valeur halieutique : de taille modeste, elle prend la place d’espèces patrimoniales sans bénéfice pour la pêche

Régulation et gestion sur le bassin Seine-Normandie

L’article L432-10 du Code de l’environnement interdit la remise à l’eau de certaines espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, dont la perche soleil : tout individu capturé à la pêche ne doit pas être relâché.

Le saviez-vous ?

💡 La perche soleil a été introduite en Europe au XIXᵉ siècle comme poisson d’ornement, pour ses couleurs vives et son comportement curieux. C’est l’un des exemples les plus emblématiques des risques liés à l’introduction d’espèces à des fins esthétiques ou commerciales.

💡 Elle protège activement son nid et ses alevins, un comportement parental marqué chez les poissons d’eau douce. Cette stratégie reproductive contribue largement à son succès colonisateur.

💡 Il s’agit de l’un des poissons les plus reconnaissables de nos eaux : robe vert-jaune marbrée, ventre orangé, taches bleues iridescentes, et surtout une tache rouge vif à l’arrière de l’opercule (plaque osseuse couvrant les branchies).

💡 Bien que cette espèce porte le nom de « perche », elle ne fait pas partie de la famille des Percidés, comme la perche commune.

Illustration © Victor Nowakowski

 

Non applicable
(UICN, juillet 2019)

 


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Carte

Perche

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Poisson-chat