Nom commun : poisson-chat
Nom scientifique : Ameiurus melas (Rafinesque, 1820)
Autres noms : barbotte noire, chat
Famille : Ictaluridés
Description
Le poisson-chat est un poisson au corps sans écailles et à la peau visqueuse. Sa corps allongé possède des milliers de cellules sensorielles. La couleur de son dos varie du presque noir au brun verdâtre tandis que ses flancs sont plus clairs et son ventre est blanc jaunâtre.
Sa grosse tête, aplatie, est accompagnée d’une large bouche munie de 8 barbillons, dont 6 pendent de la mâchoire inférieure et 2 sont situés sur la mâchoire supérieure, juste derrière les narines. Les rayons de ses nageoires pectorales, ainsi que le premier rayon de sa nageoire dorsale, sont munis d’un aiguillon piquant. Sa nageoire adipeuse est relativement courte.
La taille du poisson-chat varie de 25 à 35 cm jusqu’à 35 à 40 cm.

© Laurent Madelon

© Yannick Ledoré – FFAL
Habitat et répartition
Un poisson des eaux calmes et tolérant
Le poisson-chat vit dans les eaux calmes et peu profondes : étangs, mares, canaux, lacs et rivières lentes. Il affectionne les fonds vaseux ou sableux, riches en matière organique, où il peut se nourrir.
Très tolérant, il supporte de faibles taux d’oxygène et des températures élevées, ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux, y compris les plus dégradés. Il se cache souvent dans la végétation dense, les fosses ou les zones encombrées, qui lui servent d’abri.
Où le rencontrer ?
📍 Amérique du Nord (espèce introduite en France)
Depuis son introduction sur le continent européen en 1871, le poisson-chat s’est largement répandu dans la plupart des bassins (Danemark, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Hongrie, Roumanie).
Introduit également en France à la fin du XIXᵉ siècle, le poisson-chat s’est rapidement naturalisé sur l’ensemble du territoire. Sa grande tolérance environnementale explique son importante expansion.
Reproduction
La reproduction du poisson-chat a lieu au début de l’été, vers juin-juillet, quand la température atteint 20 à 21 °C. La femelle creuse un nid sur les fonds sablo-limoneux afin d’y déposer ses ovules.
Pendant l’incubation, qui dure une dizaine de jours, les géniteurs surveillent la ponte et veillent à son aération par des mouvements de queue dans l’eau, un comportement parental partagé par les deux parents
Après éclosion, les alevins se déplacent en bancs de plusieurs centaines d’individus. L’espérance de vie dépasse très rarement les 6-7 ans et la maturité sexuelle des femelles est atteinte à 3 ans.

© Yannick Ledoré – FFAL
Alimentation
Le poisson-chat est un poisson omnivore très opportuniste, dont le comportement alimentaire varie selon l’âge des individus.
Les plus jeunes se nourrissent de zooplancton et ce n’est qu’en grandissant que leur régime alimentaire se met à changer, avec la consommation d’organismes benthiques (oligochètes, larves de chironomes, écrevisses) et parfois d’œufs ou d’alevins d’autres espèces.
Ses barbillons sensoriels lui permettent de repérer ses proies dans l’eau trouble, de jour comme de nuit.
Statut de conservation
En tant qu’espèce introduite, le poisson-chat figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Régulation et gestion sur le bassin Seine-Normandie
L’article L432-10 du Code de l’environnement interdit la remise à l’eau de certaines espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, dont le poisson-chat. Tout poisson-chat capturé à la pêche ne doit pas être relâché dans l’eau.
Le saviez-vous ?
💡 Le poisson-chat se reproduit dès l’âge de 2 ans, ce qui favorise la croissance rapide des populations et explique en grande partie son succès en tant qu’espèce envahissante.
💡 Un champion de la résistance. Le poisson-chat peut survivre dans des conditions extrêmes : faibles concentrations d’oxygène, eaux chaudes, milieux fortement pollués.
Illustration © Victor Nowakowski

