Nom commun : alose feinte atlantique
Nom scientifique : Alosa fallax (Lacépède, 1803)
Autres noms : feinte, finte
Famille : Clupéidés
Description
Appartenant à la famille des harengs, l’alose feinte atlantique se caractérise tout d’abord, comme sa cousine la grande alose, par la proéminence de la rangée de scutelles (plaques cornées) présentes sur sa face ventrale, un corps fusiforme comprimé latéralement, un dos bleu profond ainsi que des flancs et un ventre blancs argentés.
Elle se distingue cependant par :
- une forme plus petite et plus allongée
- un profil dorsal plus incurvé
- une tête plus étroite
- une rangée de 4 à 8 petites taches noires visible en arrière de l’opercule
- un nombre de branchiospines inférieur ou égal à 60
- un agencement des écailles plus régulier
L’alose feinte adulte mesure généralement 42 cm (55 cm max) pour un poids de 660 g (17 kg max).

© Hans Hillewaert
Habitat et répartition
Une migratrice des estuaires
L’alose feinte atlantique vit surtout dans les estuaires et les embouchures de rivières, où l’eau est légèrement saumâtre (mélange d’eau douce et d’eau de mer). Elle vit sur des fonds de moins de 20 m.
Les lagunes, baies et zones côtières peu profondes lui servent de refuges et d’aires d’alimentation riches en plancton. Lors de ses déplacements, elle forme souvent des bancs denses.
En tant qu’espèce anadrome, l’alose feinte effectue des migrations entre eaux douces et eaux marines, indispensables à son cycle de vie.
Où la rencontrer ?
📍 Europe occidentale (espèce autochtone)
À la différence de la grande alose, l’alose feinte atlantique était présente des côtes du Maroc aux côtes de la Suède. Son aire de répartition s’est malheureusement réduite depuis. Elle reste néanmoins présente de manière significative sur les côtes atlantiques (France, Maroc, Portugal, îles britanniques) ainsi que dans l’estuaire de l’Elbe (Allemagne).
En France, l’alose feinte colonise essentiellement le littoral atlantique et les grands estuaires : Loire, Gironde, Vilaine, etc.
Reproduction
La reproduction de l’alose feinte a lieu entre mai et juin, dans les parties aval des fleuves et même dans certains cas les estuaires (Elbe). Elle peut aussi se reproduire à plus de 250 km de la mer.
Les aloses feintes remontent par contre le lit des cours d’eau beaucoup plus tard et sur une période de temps plus courte que la grande alose. Elles sont alors âgées de 2 à 8 ans. Les activités de migrations sont fortement influencées par la température de l’eau, dont le seuil est situé à 10 ou 15 °C.
Les femelles, plus grosses et plus âgées que les mâles, ont un taux de fécondité très élevé, soit 85 000 à 150 000 ovules par kg.
Les sites et les comportements de reproduction sont similaires à ceux de la grande alose, à savoir la nuit, près de la surface, selon une nage circulaire (phénomène de « bull »). La femelle expulse alors ses ovules (0,8 à 1,7 mm), immédiatement fécondés par le mâle. Les ovules tombent ensuite dans les aspérités du substrat. Le temps d’incubation est très court, sous condition que la température de l’eau soit supérieure à 17-18 °C. Le cycle de reproduction de l’alose feinte, de la fin de l’éclosion jusqu’à la migration vers la mer, est semblable à celui de la grande alose.
La dévalaison se fait par contre plus tôt, dès le début de l’été et a une durée plus courte (1 à 2 mois). Le temps de résidence en estuaire est également plus long (jusqu’à 3 étés). Lors de la phase de dévalaison des cours d’eau, les alosons mesurent entre 27 et 90 mm pour 6 g.
Contrairement à la grande alose qui est majoritairement sémelpare (une seule reproduction puis mort), l’alose feinte est majoritairement itéropare : elle peut se reproduire plusieurs fois au cours de sa vie. Cette différence de stratégie reproductive a un impact direct sur la capacité de renouvellement des populations.
Alimentation
Les jeunes aloses feintes consomment surtout du plancton, tandis que les adultes ajoutent à leur régime des petits animaux et parfois des particules en suspension dans l’eau.
L’alose feinte filtre sa nourriture grâce à ses branchiospines (structures fines et serrées situées sur ses branchies, qui agissent comme un tamis), un mode d’alimentation partagé avec la grande alose.
Grâce à ce régime, elle joue un rôle important dans la chaîne alimentaire des estuaires et des rivières côtières.
Statut de conservation
L’alose feinte figure dans la catégorie « quasi menacée » (NT) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Les aloses appartiennent à la famille des Clupéidés, la même famille que les harengs et les sardines.
💡 L’alose feinte et la grande alose peuvent s’hybrider naturellement, donnant naissance à des individus aux caractéristiques intermédiaires. Cela complique parfois leur identification sur le terrain.
💡 Contrairement à la grande alose qui peut remonter jusqu’à 650 km en eau douce, l’alose feinte reste proche des estuaires. Elle est aussi plus petite et capable de se reproduire plusieurs fois dans sa vie.
Illustration © Victor Nowakowski
