
Nom scientifique : Alosa alosa
Autres noms : alose vulgaire, alose vraie
Famille : Clupéidés
Migratrice des grands fleuves français, la grande alose est aujourd’hui l’une des espèces les plus menacées du bassin. Classée « en danger critique d’extinction », sa population a chuté drastiquement au cours des dernières décennies. Pourtant, elle reste l’auteure de l’un des spectacles les plus impressionnants de nos rivières : les « bulls », ces rassemblements nocturnes de reproduction à la surface de l’eau.
Habitat et répartition
Une migratrice entre la mer et les grands fleuves
La grande alose est un poisson anadrome (qui remonte les fleuves pour se reproduire) : elle vit en mer mais remonte les rivières pour se reproduire.
On la trouve surtout dans les zones côtières, les estuaires et les embouchures des grands fleuves, où elle se regroupe avant la migration. Pour frayer (se reproduire), elle remonte les cours d’eau, préférant les zones à courant modéré à rapide avec des fonds graveleux et sablonneux.
En mer, elle fréquente les eaux côtières peu profondes, riches en plancton et petits organismes.
Où la rencontrer ?
- Europe occidentale (espèce native)
En France, la grande alose fréquente principalement les estuaires et les grands fleuves de la façade atlantique : Loire, Garonne et Gironde, Charente, Adour.
Reproduction
La grande alose se reproduit de mai à juillet. Les adultes migrent depuis la mer vers les grands fleuves et peuvent remonter jusqu’à plus de 650 km pour atteindre leurs zones de frayère.
Lors de rassemblements spectaculaires appelés « bulls », les géniteurs effectuent une nage circulaire, généralement de nuit et à la surface de l’eau. La femelle expulse alors ses œufs, immédiatement fécondés par les mâles. Les œufs dérivent ensuite avec le courant et éclosent après quelques jours.
La grande alose est majoritairement sémelpare (qui ne se reproduit qu’une seule fois au cours de sa vie) : la plupart des géniteurs meurent après la reproduction, et seule une faible proportion d’individus survit au frai pour potentiellement frayer à nouveau.
Alimentation
La grande alose est un poisson planctonophage (qui se nourrit principalement de plancton).
Elle se nourrit surtout de plancton animal (petits organismes en suspension dans l’eau), de petits crustacés, de larves d’insectes et de jeunes poissons.
Elle capture ses proies en nageant la bouche ouverte, filtrant continuellement l’eau grâce à ses branchiospines (structures fines et serrées situées sur ses branchies, qui agissent comme un tamis).
Pendant la migration vers les zones de reproduction, les adultes s’alimentent peu ou pas du tout, puis reprennent leur alimentation en mer à la fin de la reproduction
Statut de conservation
En raison de la forte régression de ses populations, la grande alose est classée aujourd’hui « en danger critique d’extinction » (CR) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 De la même famille que le hareng. Les grandes aloses appartiennent à la famille des Clupéidés, soit la même famille que les sardines et les harengs.
💡 Une espèce qui s’hybride avec sa cousine. La grande alose et l’alose feinte (autre espèce de la même famille) peuvent s’hybrider naturellement, donnant naissance à des individus aux caractéristiques intermédiaires. Cela complique parfois leur identification sur le terrain.
💡 Le mystère des « bulls ». Les rassemblements de reproduction de la grande alose, appelés « bulls », sont l’un des spectacles les plus rares et les plus impressionnants de nos rivières : par nuits chaudes de juin, des dizaines de géniteurs effectuent une nage circulaire à la surface de l’eau, dans un grand bouillonnement audible parfois à plusieurs centaines de mètres.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche SEINORMIGR de la grande alose.
👉 https://www.seinormigr.fr/fr/grande-alose-0d85
Illustration © Victor Nowakowski
