Nom commun : grande alose

Nom scientifique : Alosa alosa

Autres noms : alose vulgaire, alose vraie

Famille : Clupéidés

Description

Cousin éloigné de la sardine, la grande alose présente un corps fusiforme, comprimé latéralement, et son profil dorsal est fortement incurvé. Sa tête, grande et haute, est munie d’une large bouche. La couleur de son dos est d’un bleu profond, tournant vers le vert, alors que ses flancs et son ventre sont d’un blanc argenté. Une rangée de scutelles ventrales (petites plaques dures, piquantes ou carénées) s’étend du cou à l’anus. Les écailles présentes sur son corps sont typiques des Clupéidés : elles ont une structure polygonale, avec un léger dôme, et se détachent très facilement du corps. Contrairement à l’alose feinte, les écailles de la grande alose sont agencées de manière irrégulière et ne sont pas parfaitement alignées. On compte entre 70 et 80 écailles le long de la ligne latérale.

La taille de la grande alose dans les fleuves français est généralement de 52 cm pour un poids moyen de 1,46 kg. Elle peut atteindre 80 cm pour 5 kg dans certains pays (Portugal, Maroc).

© B. Stemmer

© SEINORMIGR

Habitat et répartition

Une migratrice entre la mer et les grands fleuves

La grande alose est une espèce anadrome (qui remonte les fleuves pour se reproduire) : elle vit en mer mais remonte les rivières pour se reproduire.

On la trouve surtout dans les estuaires, les zones côtières peu profondes et les embouchures des grands fleuves, où elle se regroupe avant la migration. Pour frayer (se reproduire), elle remonte les cours d’eau, préférant les zones à courant modéré à rapide, avec des fonds graveleux et sablonneux.

Où la rencontrer ?

📍 Europe occidentale (espèce autochtone)

  • Bassins du Rhin et de la Seine, mais de manière résiduelle
  • Bassin de la Loire
  • Fleuves côtiers normands : l’Orne, la Vire et l’Aulne
  • Sud de la France : bassins de la Charente, de l’Adour et de la Nivelle

Reproduction

De février à juin, les adultes remontent le lit des rivières et des fleuves où ils sont nés, pour de nouveau se reproduire dans les secteurs moyens et amonts (jusqu’à plus de 650 km de la mer). Ils sont alors âgés de 3 à 8 ans. Les femelles, plus grosses que les mâles en raison d’une maturité sexuelle plus tardive, présentent une fécondité élevée (100 000 à 250 000 ovules par kg).

Les aloses fraient entre mai et mi-août sur des substrats grossiers délimités en amont et en aval par une zone peu profonde à courant rapide. Elle se déroule de nuit, se traduisant par une succession de rassemblements spectaculaires, marqués par un trait comportemental très  caractéristique de l’espèce : le phénomène de « bull » (nage circulaire à la surface de l’eau). Les femelles expulsent leurs ovules, de petit diamètre (1 à 2 mm), qui tombent sur le fond et se logent dans les interstices du substrat.

Après éclosion, les larves passent leurs premiers jours au fond et commencent leur croissance à proximité de la frayère. Au bout de 15 à 20 jours, les alosons, qui mesurent désormais plus de 20 mm, se déplacent activement sur le fond, en compagnie des juvéniles d’ablette.

La dévalaison vers la mer commence entre l’été et l’automne de l’année de naissance. Elle débute par des mouvements transversaux locaux depuis la frayère et dure de 1 à 6 mois. La plupart des alosons ne restent cependant que 2 à 3 mois et gagnent rapidement la mer. Ils mesurent alors de 50 mm à plus de 100 mm pour 7,5 g.

La grande alose est majoritairement sémelpare (qui ne se reproduit qu’une seule fois au cours de sa vie) : la plupart des géniteurs meurent après la reproduction.

Alimentation

La grande alose est un poisson planctonophage (qui se nourrit principalement de plancton).

Les alosons sont euryphages : ils adaptent leur alimentation en fonction des ressources disponibles : larves d’insectes aquatiques en eau douce et crustacés de zooplancton en milieu estuarien.

L’alose adulte se nourrit surtout de plancton animal (petits organismes en suspension dans l’eau), de petits crustacés, de larves d’insectes et de jeunes poissons.

Elle capture ses proies en nageant la bouche ouverte, filtrant continuellement l’eau grâce à ses branchiospines (structures fines et serrées situées sur ses branchies, qui agissent comme un tamis).

Pendant leur migration vers les zones de reproduction, les adultes s’alimentent peu ou pas du tout.

Statut de conservation

En raison de la forte régression de ses populations, la grande alose figure dans la catégorie « en danger critique d’extinction » (CR) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le saviez-vous ?

💡 Les grandes aloses appartiennent à la famille des Clupéidés, soit la même famille que les sardines et les harengs.

💡 La grande alose et l’alose feinte peuvent s’hybrider naturellement, donnant naissance à des individus aux caractéristiques intermédiaires. Cela complique parfois leur identification sur le terrain.

Illustration © Victor Nowakowski

 

En danger critique d’extinction
(UICN, juillet 2019)

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