Nom commun : goujon
Nom scientifique : Gobio gobio (Linnaeus, 1766)
Autres noms : goujon commun
Famille : Cyprinidés
Description
Le goujon est un petit poisson au corps allongé et presque cylindrique. Il possède une grande tête et des yeux très développés. Sa bouche sub-terminale, située juste en dessous de son museau pointu, est munie d’une paire de barbillons. La forme de ses nageoires est plutôt anguleuse, avec un dernier rayon simple de la nageoire dorsale plus grand que le premier rayon bifide. La nageoire caudale est bien échancrée, avec des lobes sub-aigus.
La couleur du goujon est très variable selon les individus. Il est souvent gris verdâtre et moucheté de brun sur le dos (7 à 8 petites taches sombres), les flancs (7 à 10 larges taches sombres) et les nageoires. Le ventre est quant à lui d’un blanc argenté. Une tache sombre est également visible sur l’opercule, ainsi qu’une plus petite au-dessus de l’insertion des pectorales.
Bien visibles chez les juvéniles, les écailles des flancs, à reflets argentés, ont tendance à disparaître chez l’adulte.
Le goujon mesure généralement entre 10 et 12 cm (15 cm max).

© Laurent Madelon

© Laurent Madelon
Habitat et répartition
Un poisson des fonds clairs et courants
Généralement associé aux espèces de la zone à barbeau, le goujon est également bien représenté dans les zones à ombre et à brème (voir page sur la zonation piscicole). Il affectionne les eaux claires et bien oxygénées avec des fonds de sable et de gravier, même s’il lui arrive de s’adapter à des fonds vaseux riches en matière organique (canaux, lacs). Il est présent aussi bien en plaine qu’en montagne (rarement à plus de 650 m d’altitude) et ne supporte ni les eaux trops froides ni les eaux trop chaudes (28 °C max).
Où le rencontrer ?
📍 Paneuropéenne, entre 42° Nord et 62 ° Nord (espèce autochtone)
En France, le goujon colonise les bassins du Rhin, du Rhône, de la Seine et de la Loire.
Reproduction
La reproduction du goujon a lieu d’avril à juillet, avec un pic en mai-juin, quand la température de l’eau dépasse 15 °C.
Durant cette période, les individus émettent des sons vocaux pour communiquer entre eux.
Les mâles se parent de tubercules nuptiaux de couleur blanche sur la tête et la partie avant du corps. La ponte est fractionnée : les femelles libèrent en plusieurs temps leurs ovules (entre 1 000 et 3 000/kg) qui vont se disperser en grappes et adhérer aux différents substrats présents au fond.
Une fois fécondés, les œufs éclosent après une période d’incubation de 10 à 30 jours. Les larves et les alevins restent au fond, à proximité de la zone de frai.
L’espérance de vie est généralement de 4 à 5 ans (maximum 8 ans).
Alimentation
Le goujon est une espèce fouisseuse qui se nourrit principalement d’invertébrés benthiques : larves d’insectes, vers, petits crustacés et mollusques qu’il déniche sur le fond.
Ses barbillons sensoriels, situés aux coins de la bouche, lui permettent de détecter ses proies enfouies dans le sable, qu’il aspire grâce à sa bouche orientée vers le bas. Le goujon continue de se nourrir en hiver.
Statut de conservation
Le goujon figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Malgré la proximité des noms scientifiques, le goujon est un cyprinidé d’eau douce, sans aucun lien avec les gobies, reconnaissables, eux, à leur ventouse ventrale.
💡 Exigeant en eaux claires et bien oxygénées, le goujon est un témoin de la santé des cours d’eau : sa raréfaction signale souvent une dégradation du milieu.
💡 Espèce résiliente, le goujon voit ses effectifs varier fortement d’une année à l’autre, au gré des conditions du milieu et du succès de la reproduction.
Illustration © Victor Nowakowski

