Nom commun : amour blanc
Nom scientifique : Ctenopharyngodon idella (Cuvier & Valenciennes, 1844)
Autres noms : carpe herbivore, carpe chinoise
Famille : Cyprinidés
Description
Le corps de l’amour blanc, cylindrique et élancé, est recouvert de grandes écailles liserées de noir. Sa tête est large avec un museau très court. La bouche est terminale, sans barbillon, et sa commissure atteint presque la partie antérieure des yeux, relativement petits.
Son dos est brun-gris foncé tandis que ses flancs arborent une teinte dorée qui tend vers le blanc en se rapprochant du ventre. L’amour blanc a une ligne latérale partant du haut de la tête et s’incurvant légèrement vers le bas jusqu’à sa queue.
Ses nageoires anale et dorsale sont très courtes et la nageoire caudale est très échancrée.
Un amour blanc de 10 ans peut mesurer 91 cm pour un poids de 9 kg. Cette espèce peut atteindre un poids de 40 kg en élevage.

© Yannick Ledoré / FFAL
Habitat et répartition
Une carpe des eaux chaudes
L’amour blanc est un poisson thermophile (besoin de températures élevées pour accomplir son cycle de vie) : il fréquente les rivières à faible courant ainsi que les plans d’eau riches en végétation. Il est très tolérant des variations brusques de températures (0 à 38 °C) et de taux d’oxygène dissous (minimum 0,5 mg/l).
Où le rencontrer ?
📍 Bassins de l’Amour et du Yang-Tsé, Asie de l’Est (espèce introduite en Europe)
En France, l’espèce a été introduite en 1957 dans le cadre du repeuplement d’eaux closes (activité de pisciculture). Elle n’y forme pas de populations naturelles.
Reproduction
En règle générale, l’amour blanc se reproduit dans les zones rapides des grands cours d’eau, quand la température est comprise entre 20 et 30 °C. Les femelles pondent 120 000 ovules pélagiques, aussitôt fécondés par les mâles. Après une courte incubation (20 à 50 heures), les œufs éclosent et les alevins commencent leur croissance.
L’amour blanc ne se reproduit pas naturellement dans les eaux françaises. Sa reproduction exige en effet de longs fleuves chauds à courant soutenu, dans lesquels ses œufs semi-flottants dérivent en pleine eau le temps de leur développement. Les populations ne se renouvellent que par de nouvelles introductions issues de l’élevage.
Alimentation
Le régime alimentaire de l’amour blanc est relativement sélectif. Les juvéniles consomment du plancton et commencent à devenir benthophages à partir de 20 mm, et notamment herbivores.
La mâchoire de l’amour blanc est parfaitement adaptée au broutage de la végétation fibreuse, ce qui lui donne un rôle de faucardeur au sein des milieux aquatiques. Il peut ingérer jusqu’à l’équivalent de son propre poids en végétaux par jour lorsque l’eau est suffisamment chaude. C’est précisément cet appétit qui lui vaut d’être introduit dans certains bassins et chenaux, où il est utilisé comme moyen de désherbage biologique pour contenir l’expansion de la végétation.
Statut de conservation
En tant qu’espèce introduite, l’amour blanc figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 L’« amour » ne renvoie pas au sentiment, mais au fleuve Amour, qui marque la frontière entre la Chine et la Russie et fait partie de son aire d’origine.
💡 Grâce à son régime herbivore vorace, l’amour blanc est employé pour contrôler la végétation aquatique dans les plans d’eau et les canaux, en alternative aux interventions mécaniques ou chimiques.
💡 Introduire l’amour blanc dans le milieu naturel est interdit, sous peine d’une amende pouvant atteindre 9 000 €.
💡 Malgré son allure de carpe, l’amour blanc s’en distingue par l’absence de barbillons autour de la bouche et par un corps plus allongé.
Illustration © Victor Nowakowski

