Nom scientifique : Chondrostoma nasus

Autres noms : nase, nez

Famille : Cyprinidés

Reconnaissable à son museau proéminent qui lui vaut le surnom de « nez », le hotu est un poisson de rivière au mode de vie singulier : il racle les algues fixées sur les pierres grâce à sa lèvre cornée. Grégaire et amateur d’eaux vives, il vit en bancs dans les cours d’eau courants.

Habitat et répartition

Un poisson des eaux vives

Le hotu affectionne les cours d’eau courants, clairs et bien oxygénés, aux fonds de graviers et de galets. C’est une espèce rhéophile (qui apprécie les eaux vives), que l’on rencontre surtout dans les portions moyennes des rivières.

Le hotu vit en bancs à toutes les étapes de sa vie : grégaire, il se déplace en groupe sur les fonds caillouteux où il trouve sa nourriture.

Où le rencontrer ?

  • Europe centrale (espèce autochtone en France)

En France, le hotu est autochtone du nord-est : bassins du Rhin, de la Meuse et de la Moselle.

Il s’est ensuite étendu à d’autres bassins, dont celui de la Seine, où sa progression a parfois été rapide.

Reproduction

La reproduction du hotu a lieu au printemps, dès le mois de mars. Les adultes remontent les cours d’eau pour rejoindre des zones de fraie à courant vif et à fond graveleux.

Ils fraient en bancs, déposant leurs œufs collants sur les graviers. Cette migration de reproduction rend l’espèce sensible à la fragmentation des cours d’eau : barrages et seuils peuvent bloquer l’accès aux frayères.

Alimentation

Le hotu est un brouteur : il racle le périphyton (fine couche d’algues et de micro-organismes recouvrant les pierres) à l’aide de sa lèvre inférieure cornée et tranchante.

Son régime est dominé par les diatomées (algues microscopiques) et les algues fixées, complété par quelques petits invertébrés. Son très long tube digestif est adapté à cette alimentation essentiellement végétale.

Statut de conservation

Le hotu est classé « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le saviez-vous ?

💡 Un nettoyeur de rivière. En broutant le film d’algues qui recouvre les galets, le hotu joue un rôle d’entretien des fonds.

💡 Une menace pour le toxostome. Là où il s’étend, le hotu concurrence et s’hybride avec le toxostome (Parachondrostoma toxostoma), une espèce cousine du sud de la France, plus rare et protégée. Son expansion a accompagné le déclin du toxostome dans certains bassins.

💡 Un bon indicateur écologique. Exigeant en eaux claires et bien oxygénées, et dépendant de la libre circulation pour se reproduire, le hotu est un bon témoin de la qualité et de la continuité des cours d’eau.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche INPN du hotu

👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67220

Illustration © CC Dunbar P.

 

Préoccupation mineure
(UICN, juillet 2019)


Découvrez sa répartition sur le bassin Seine Normandie !

Carte


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