Nom scientifique : Lampetra fluviatilis

Autres noms : lamproie de rivière, fifre

Famille : Pétromyzontidés

Plus petite mais tout aussi singulière que sa cousine la lamproie marine, la lamproie fluviatile est une espèce migratrice en fort déclin sur l’ensemble de son aire de répartition. Comme tous les Agnathes, elle appartient à un groupe de vertébrés primitifs apparu bien avant les premiers dinosaures.

Habitat et répartition

Une vie partagée entre mer et rivière

La lamproie fluviatile est une espèce anadrome (qui remonte les fleuves pour se reproduire) : elle vit en mer mais remonte les rivières pour se reproduire.

Les larves vivent enfouies dans les zones calmes et riches en sédiments fins, dans les secteurs moyens et aval des rivières, pendant plusieurs années.

Après leur métamorphose, les jeunes adultes rejoignent la mer côtière ou les estuaires et mènent une vie parasitaire sur d’autres poissons.

Arrivés à maturité, les géniteurs remontent ensuite les rivières pour frayer (se reproduire) dans des zones à courant modéré à soutenu, sur des fonds de graviers ou de sable.

Où la rencontrer ?

  • Europe occidentale (espèce native)

En France, la lamproie fluviatile colonise la plupart des grands fleuves de l’Atlantique et de la Manche : Loire, Garonne et Gironde, Adour, Seine ainsi que plusieurs cours d’eau bretons et normands.

Reproduction

La lamproie fluviatile se reproduit entre février et avril. Les adultes quittent la mer et remontent les rivières, parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres, pour rejoindre leurs zones de frayère dans les secteurs moyens des cours d’eau.

Contrairement au saumon atlantique, la migration de la lamproie fluviatile est guidée par l’odorat sans qu’il y ait de retour strict au lieu de naissance. Les adultes choisissent les rivières où vivent déjà des larves de leur espèce.

Les géniteurs choisissent des zones peu profondes à fond grossier et creusent un nid en forme de cuvette avec leur bouche ventouse. Les femelles déposent leurs œufs, immédiatement fécondés par les mâles.

Après la reproduction, les adultes meurent. Comme sa cousine la lamproie marine, la lamproie fluviatile est une espèce sémelpare (qui ne se reproduit qu’une seule fois au cours de sa vie).

Alimentation

La lamproie fluviatile présente deux phases alimentaires très distinctes au cours de sa vie.

Stade larvaire (rivière) : les larves, appelées ammocètes, vivent enfouies dans le sable ou la vase pendant plusieurs années et se nourrissent par filtration de micro-organismes, de matière organique et de particules fines en suspension.

Stade adulte (mer) : après la métamorphose, les jeunes adultes rejoignent la mer ou les estuaires et deviennent parasites. Ils se fixent sur d’autres poissons grâce à leur disque buccal et se nourrissent de sang et de tissus.

Lorsqu’ils remontent les rivières pour se reproduire, les adultes ne se nourrissent plus et meurent peu de temps après la reproduction.

Statut de conservation

La lamproie fluviatile est en fort déclin et est classée « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019). Les causes principales sont les mêmes que pour les autres migrateurs : fragmentation des cours d’eau, pollution, destruction des frayères, réchauffement des eaux.

Un enjeu majeur pour le bassin Seine-Normandie

La lamproie fluviatile est présente sur la Seine ainsi que sur plusieurs cours d’eau normands. Sa préservation est donc un enjeu direct pour le bassin Seine-Normandie.

En tant qu’espèce migratrice amphihaline (qui vit entre eau douce et eau salée) et sémelpare (qui ne se reproduit qu’une seule fois), la lamproie fluviatile est particulièrement vulnérable. Chaque obstacle qui empêche un adulte d’atteindre sa frayère, c’est une opportunité de reproduction définitivement perdue.

Les AAPPMA (Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) et les Fédérations de pêche du bassin œuvrent activement à la restauration de la continuité écologique et à la protection des zones de frai, au bénéfice de l’ensemble des espèces migratrices.

Le saviez-vous ?

💡 Une migratrice infatigable malgré sa petite taille. La lamproie fluviatile peut remonter plusieurs dizaines de kilomètres de cours d’eau pour atteindre ses zones de reproduction.

💡 Une silhouette inchangée depuis des millions d’années. Il s’agit d’une espèce très ancienne, apparue bien avant les dinosaures, et qui n’a presque pas changé depuis des millions d’années. Sa morphologie est l’une des plus stables du règne animal.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche SEINORMIGR de la lamproie fluviatile

👉 https://www.seinormigr.fr/fr/lamproie-fluviatile-faf3

Illustration © Domaine Public

 

Statut de conservation
(UICN, juillet 2019)

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