Avec ses nageoires rouge vif, ses flancs argentés à dorés et son œil souvent rouge, le rotengle évoque visuellement un cousin plus flamboyant du gardon, avec lequel il est d’ailleurs constamment confondu. Mais à y regarder de près, le rotengle a son propre comportement : il vit en surface, mange surtout des végétaux et possède des critères d’identification précis qui le distinguent clairement de son cousin.

Habitat et répartition

Une espèce des eaux calmes et végétalisées

Le rotengle vit dans les eaux calmes et peu profondes : étangs, lacs, rivières lentes et canaux. Il aime les zones riches en végétation, qui lui offrent à la fois nourriture, abris et sites de reproduction.

Il préfère les eaux claires et peu courantes, mais peut s’adapter à des eaux légèrement troubles. On le trouve souvent près des berges végétalisées, évoluant en bancs dans les couches d’eau moyennes et supérieures.

Contrairement au gardon qui fouille volontiers les fonds, le rotengle évolue plutôt dans la colonne d’eau supérieure et en surface.

Où le rencontrer ?

  • Europe occidentale et centrale (espèce native)

En France, le rotengle colonise l’ensemble des bassins hydrographiques : bassin de la Seine, bassin de la Loire, bassin de la Garonne, bassin du Rhône, bassin de la Meuse, bassin de l’Escaut ainsi que bassins côtiers atlantiques et méditerranéens.

Reproduction

La reproduction du rotengle a lieu au printemps, entre avril et juin. Les adultes se rassemblent en bancs dans les zones peu profondes et riches en végétation aquatique, où les femelles déposent leurs œufs.

Les œufs adhèrent aux plantes et sont immédiatement fécondés par les mâles. Après quelques jours, les alevins restent dans les herbiers pour se protéger des prédateurs avant de rejoindre progressivement des zones plus ouvertes.

Le mode de reproduction du rotengle est très proche de celui du gardon, d’où la fréquence des hybridations entre les deux espèces. Cependant, le rotengle privilégie davantage les plantes aquatiques superficielles (roseaux, joncs, herbiers proches de la surface) alors que le gardon utilise plus souvent les végétaux submergés.

Alimentation

Le rotengle est un poisson omnivore opportuniste à tendance herbivore.

Les alevins se nourrissent surtout de plancton et de petites larves d’insectes.

En grandissant, le rotengle mange des invertébrés aquatiques, des algues, des débris végétaux ainsi que d’autres matières en suspension.

Statut de conservation

Le rotengle est classé « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le saviez-vous ?

💡 Un grand hybrideur. Le rotengle peut s’hybrider naturellement avec le gardon, donnant des individus aux caractéristiques intermédiaires, parfois difficiles à identifier. Ces hybrides sont fréquents dans les plans d’eau où les deux espèces cohabitent.

💡 « Œil rouge » : étymologie d’un nom scientifique. Le nom scientifique du rotengle, Scardinius erythrophthalmus, signifie littéralement « à l’œil rouge » en grec ancien. Le nom français « rotengle » lui-même vient probablement de l’allemand « rotaugig » (« à l’œil rouge »). Une constance étymologique à travers les langues, qui confirme que c’est bien la couleur de l’œil le critère le plus marquant de cette espèce.

💡 Le « végétarien » des cyprinidés. Contrairement à la plupart des cyprinidés (qui fouillent les fonds pour se nourrir), le rotengle est l’un des rares poissons d’eau douce français à présenter une tendance herbivore marquée. Il picore les algues, les plantes aquatiques et les particules flottantes en surface.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche INPN du rotengle

👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67466

Illustration © CC Dunbar P.

 

Statut de conservation
(UICN, juillet 2019)


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