
Nom scientifique : Sander lucioperca
Autres noms : perche-brochet
Famille : Percidés
Le sandre est l’un des trois grands carnassiers d’eau douce français, aux côtés du brochet et de la perche. Son nom scientifique Sander lucioperca (littéralement « sandre-brochet-perche ») dit tout de sa silhouette : un corps fuselé de chasseur, des canines redoutables, des yeux adaptés à l’obscurité pour traquer ses proies à l’aube et au crépuscule. Introduit en France à la fin du XIXᵉ siècle, il est devenu en un siècle l’une des espèces les plus convoitées des pêcheurs aux carnassiers.
Habitat et répartition
Une espèce des eaux calmes et profondes
Le sandre vit principalement dans les cours d’eau et les plans d’eau calmes : lacs, étangs, grandes rivières. Il fréquente surtout les zones profondes, à proximité de caches naturelles et artificielles (branches immergées, rochers, structures), qu’il utilise pour se dissimuler et chasser.
Cette espèce apprécie les eaux claires à légèrement troubles et se rencontre aussi dans les secteurs à courant modéré, en évitant les zones trop agitées. Les berges végétalisées constituent des habitats favorables, car elles offrent des abris et concentrent ses proies.
Où le rencontrer ?
- Europe centrale et Asie occidentale (aire d’origine)
En France : le sandre a été introduit dans le bassin du Rhin vers 1888 et s’est depuis installé dans la plupart des bassins hydrographiques français. Sa répartition actuelle en fait une espèce particulièrement répandue.
Avec plus de 130 ans de présence en France, le sandre est aujourd’hui considéré comme une espèce naturalisée plutôt que comme une espèce exotique envahissante. Il s’est parfaitement intégré aux écosystèmes français et fait l’objet d’une gestion halieutique active par les fédérations de pêche, au même titre que le brochet ou la perche native.
Reproduction
Le sandre se reproduit entre avril et juin.
La femelle pond ses œufs sur des supports solides : pierres, racines, végétation immergée. Le mâle, reconnaissable à sa coloration plus sombre durant cette période, prépare le nid avant la ponte (nettoyage des structures, choix du site).
Après la fécondation, le mâle assure la protection du frai :
- Il surveille les œufs en permanence
- Il repousse les intrus (poissons, invertébrés, et parfois même ses propres congénères)
- Il ventile le nid avec ses nageoires pour garantir un apport d’oxygène suffisant
Ce comportement parental est partagé avec sa cousine la perche commune, et il rapproche aussi le sandre des soins parentaux que l’on retrouve chez l’épinoche, la perche-soleil ou le chabot fluviatile.
Alimentation
Le sandre est un prédateur carnivore qui se nourrit principalement de poissons :
Il peut aussi consommer des insectes aquatiques, des larves et des petits crustacés, particulièrement au stade juvénile.
Le sandre chasse surtout tôt le matin et en soirée, grâce à ses yeux adaptés à l’obscurité : sa rétine est dotée d’une couche réflective (le tapetum lucidum) qui amplifie la lumière disponible, un peu comme chez les chats. Cette adaptation lui donne un avantage décisif sur ses proies dans les conditions de faible luminosité, lorsque les autres carnassiers cessent de chasser.
Comme le brochet, il se cache pour surprendre ses proies (stratégie à l’affût), mais à la différence du brochet qui se tient dans les herbiers, le sandre utilise plutôt les structures sous-marines profondes (arbres immergés, blocs, dénivelés).
Les jeunes sandres consomment surtout de petits animaux (invertébrés) ; leur régime évolue avec leur taille et la disponibilité des proies.
Statut de conservation
Le sandre est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), en raison de son statut d’espèce introduite.
Le saviez-vous ?
💡 Un mâle gardien et farouche. Très territorial durant la reproduction, le mâle sandre défend vigoureusement le nid contre tout intrus : poissons rivaux, invertébrés, et parfois même ses propres congénères. Cette agressivité parentale contribue grandement au taux de survie des œufs.
💡 Une espèce résistante. Le sandre est tolérant à l’eutrophisation et à des conditions dégradées (milieux artificialisés, plans d’eau anthropisés, canaux). Cette résistance écologique explique en partie son succès en France, où il colonise volontiers les étangs de gravière, les canaux et les bras de rivière modifiés.
💡 La vision du chat des eaux profondes. Le sandre possède la même couche réflective dans l’œil qui rend les yeux des chats brillants la nuit. Cette adaptation lui donne une vue exceptionnelle dans la faible luminosité, à l’aube, au crépuscule et même la nuit, lui permettant de chasser quand ses proies sont les moins vigilantes.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN du sandre
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/69372/tab/taxo
Illustration © CC Dunbar P.




