Nom commun : Sandre
Nom scientifique : Sander lucioperca (Linnaeus, 1758)
Autres noms : perche-brochet
Famille : Percidés
Description
Le Sandre présente un corps élancé et fusiforme. Sa tête est allongée, avec un pré-opercule dentelé, un opercule branchial sans épines et des branchiospines fortement épineuses. Sa bouche est garnie de nombreuses dents, dont de grandes canines. Deux nageoires dorsales séparées sont implantées sur son dos, dont une tachetée et épineuse. La nageoire caudale présente 17 rayons mous.
Le dos est gris verdâtre et les flancs sont clairs avec des bandes verticales foncées.
Le Sandre dépasse très rarement plus d’un mètre, pour un poids compris entre 15 et 20 kg.

© FNPF/Laurent Madelon

© FNPF/Laurent Madelon
Habitat et répartition
Une espèce des eaux calmes et profondes
Le Sandre vit principalement dans les milieux aquatiques faiblement courants (lacs, étangs, grandes rivières lentiques) et les eaux saumâtres (salinité < 12 %). Durant la journée, il fréquente surtout les hauts-fonds, à proximité de caches naturelles et artificielles qu’il utilise pour se dissimuler et chasser.
Il s’agit d’une espèce exigeante vis-à-vis de la concentration en oxygène dissous (> 3,5-4,5 mg/l). Il est particulièrement actif quand la température de l’eau avoisine entre 24 et 29 °C.
Où le rencontrer ?
📍 Europe, Asie, Afrique du Nord, États-Unis (espèce introduite en France)
En France, le Sandre a été introduit pour la première fois dans le bassin du Rhin vers 1888 et s’est depuis installé dans la plupart des bassins hydrographiques français. Sa répartition actuelle en fait une espèce particulièrement répandue.
Avec plus de 130 ans de présence en France, le Sandre est aujourd’hui considéré comme une espèce naturalisée plutôt que comme une espèce exotique envahissante. Il s’est parfaitement intégré aux écosystèmes français et fait l’objet d’une gestion halieutique active par les fédérations de pêche, au même titre que le Brochet (Esox lucius) ou la Perche (Perca fluviatilis).
Reproduction
Le Sandre se reproduit entre avril et août, quand la température de l’eau est comprise entre 10 et 14 °C.
La femelle pond ses ovules (200 000 ovules/kg) à généralement 1 à 3 m de profondeur, sur différents supports solides, même s’il s’agit plutôt d’une espèce phytophile (végétation aquatique). Le mâle, reconnaissable à sa coloration plus sombre durant cette période, prépare un nid de 1 m² avant la ponte et la fécondation des œufs.
Après la fécondation, le mâle assure la protection du frai :
- Il surveille les œufs en permanence
- Il repousse les intrus (poissons, invertébrés, et parfois même ses propres congénères)
- Il ventile le nid avec ses nageoires pour garantir un apport d’oxygène suffisant à la survie des œufs
Ce comportement parental est partagé avec sa cousine la Perche, et rapproche aussi le sandre des soins que l’on retrouve chez l’Épinoche (Gasterosteus aculeatus), la Perche soleil (Lepomis gibbosus) ou le Chabot fluviatile (Cottus perifretum).
Après une période d’incubation de 100 à 110 degrés-jours, les œufs éclosent et les larves deviennent rapidement actives, s’orientant par rapport à la lumière (phototropisme).
Alimentation
Le Sandre est un prédateur carnivore.
Les alevins se nourrissent de crustacés planctoniques et de larves d’insectes capturées près du fond.
Entre 10 et 25 mm, les juvéniles commencent à adopter un comportement piscivore selon la disponibilité des proies, mais ce n’est qu’après avoir atteint environ 10 cm qu’il devient un chasseur de poissons à part entière.
Parmi ses proies potentielles, nous pouvons citer notamment :
- le Gardon (Rutilus rutilus)
- le Rotengle (Scardinius erythrophthalmus)
- la Perche (Perca fluviatilis)
- l’Ablette (Alburnus alburnus)
Le Sandre chasse surtout tôt le matin et en soirée, grâce à ses yeux adaptés à l’obscurité : sa rétine est dotée d’une couche réflectrice (tapetum lucidum) qui amplifie la lumière disponible, un peu comme chez les chats. Cette adaptation lui donne un avantage décisif sur ses proies dans les conditions de faible luminosité, lorsque les autres carnassiers cessent de chasser.
Comme le Brochet, il se cache pour surprendre ses proies mais utilise plutôt les structures sous-marines profondes (arbres immergés, blocs, dénivelés).
Statut de conservation
Le Sandre figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), en raison de son statut d’espèce introduite.
Le saviez-vous ?
💡 Le Sandre est tolérant à l’eutrophisation et à la dégradation des milieux aquatiques (milieux artificialisés, plans d’eau anthropisés, canaux). Cette résistance explique en partie son succès en France, où il colonise volontiers les étangs de gravière, les canaux et les bras de rivière modifiés.
Illustration © Victor Nowakowski



