
Nom scientifique : Abramis brama
Autres noms : grande brème, brème carpée
Famille : Cyprinidés
Reconnaissable à son corps plat en forme de plateau et à son comportement grégaire (qui vit en groupe), la brème commune peuple les rivières lentes, étangs et lacs où elle joue un rôle écologique majeur de fouisseur des fonds et de maillon de la chaîne alimentaire.
Habitat et répartition
Une espèce des eaux calmes
La brème commune vit dans les rivières, les lacs, les étangs et les zones calmes des fleuves. Elle préfère les fonds vaseux ou sableux, où elle peut fouiller pour se nourrir.
Espèce grégaire, elle se déplace en bancs et apprécie les eaux douces, peu profondes et riches en végétation aquatique. Elle supporte des conditions variées et reste relativement tolérante à l’eutrophisation (enrichissement excessif en nutriments) et à la dégradation de la qualité de l’eau.
Où la rencontrer ?
- Europe et Asie occidentale (espèce autochtone)
En France, la brème commune est présente naturellement dans de nombreux bassins hydrographiques. Cependant, elle a été introduite dans certaines régions du Sud-Ouest où elle n’était pas présente initialement.
Reproduction
La brème commune se reproduit de mai à juin, en eau peu profonde.
Les femelles déposent leurs œufs sur les plantes, les graviers ou les galets, et les mâles les fécondent immédiatement. Après 3 à 12 jours, les œufs éclosent et les larves restent accrochées aux plantes grâce à leur vésicule vitelline (réserve nutritive située sous le ventre, qui les nourrit pendant les premiers jours).
Une fois cette réserve résorbée, les jeunes brèmes se déplacent en petits groupes et commencent à grandir.
Alimentation
L’alimentation de la brème commune évolue avec la croissance.
Les jeunes se nourrissent de plancton, de petites larves d’insectes et de minuscules crustacés. Elles les aspirent grâce à leur bouche adaptée à l’alimentation sur les fonds aquatiques.
À l’âge adulte, la brème commune consomme des vers, des larves d’insectes, des mollusques et des débris végétaux.
Comme la carpe, la brème dispose d’une bouche protractile (qui peut s’étendre vers l’avant comme un tube) pour fouiller les sédiments vaseux et aspirer sa nourriture. Cette adaptation morphologique en fait une véritable opportuniste benthique, capable d’exploiter une grande variété de ressources sur le fond.
Statut de conservation
La brème commune est classée « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019). Le statut favorable de la brème s’explique par sa forte tolérance aux conditions dégradées : faibles taux d’oxygène, eutrophisation, eaux chaudes. Elle compte parmi les dernières espèces à subsister dans les milieux les plus dégradés.
Le saviez-vous ?
💡 Un rôle écologique précieux. En fouillant les sédiments pour s’alimenter, la brème commune participe à la régulation des populations d’invertébrés et au recyclage des nutriments dans son milieu.
💡 La force du nombre. Son comportement grégaire (en bancs) facilite à la fois sa reproduction (concentration des géniteurs sur les zones de frai) et sa survie face aux prédateurs. En groupe, la brème dilue le risque individuel de prédation.
💡 Une grande capacité d’hybridation. La brème commune peut s’hybrider naturellement avec d’autres cyprinidés : gardon, rotengle, brème bordelière. Ces hybrides aux caractéristiques intermédiaires sont fréquents dans les plans d’eau mixtes et peuvent compliquer l’identification sur le terrain.
💡 Pourquoi « brème carpée » ? Le surnom « brème carpée » vient de la forte ressemblance de silhouette avec la carpe commune : corps haut, comprimé latéralement, bouche orientée vers le bas.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN de la brème commune
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67074
Illustration © CC Dunbar P.


