
Nom scientifique : Carassius carassius
Autres noms : carassin européen, carache
Famille : Cyprinidés
Trapu et redoutablement résistant, le carassin commun est l’un des poissons les plus résilients de nos eaux. Introduit en France depuis la Pologne au XVIIIᵉ siècle, il s’est adapté à toutes les mares, étangs et zones humides où peu d’autres espèces peuvent survivre.
Habitat et répartition
Une espèces des eaux calmes et stagnante
Le carassin commun fréquente principalement les eaux calmes et peu profondes : étangs, lacs, mares. Il apprécie les zones riches en végétation, qui lui offrent nourriture et protection contre les prédateurs.
On le trouve aussi dans les canaux et certains cours d’eau lents où le courant est faible. Cette espèce peut tolérer des milieux à faible oxygène.
Les fonds vaseux constituent des zones idéales pour sa recherche de nourriture.
Où le rencontrer ?
- Europe centrale et orientale (espèce native)
Introduit au XVIIIᵉ siècle en Lorraine depuis la Pologne, le carassin commun est aujourd’hui largement répandu. Il est plus fréquent dans l’est, le centre et le nord du pays. Il est plus rare dans le Sud méditerranéen.
Reproduction
La reproduction du carassin commun a lieu entre mai et juin. La femelle pond sur la végétation aquatique. Les œufs sont ensuite fécondés par le mâle.
Après l’éclosion, les alevins restent près des herbiers pour se protéger des prédateurs et commencer leur croissance.
Comme le brochet, le carassin commun dépend des habitats végétalisés pour sa reproduction. La disparition des mares, prairies inondables et petites zones humides au cours du XXᵉ siècle est l’une des principales causes du déclin de l’espèce en Europe.
Alimentation
Le carassin commun est un poisson omnivore opportuniste dont le régime varie selon son âge et la disponibilité des ressources.
Les jeunes individus se nourrissent principalement de plancton, de petites larves d’insectes et de micro-crustacés.
En grandissant, le carassin diversifie son alimentation avec des vers, des mollusques, des débris végétaux et de la matière organique présente dans la vase.
Comme la carpe et la brème, le carassin commun fouille activement les sédiments grâce à sa bouche protractile (qui peut s’étendre vers l’avant comme un tube) pour extraire la nourriture enfouie. C’est un omnivore benthique parfaitement adapté aux milieux vaseux.
Statut de conservation
Le carassin commun est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), en raison de son statut d’espèce introduite.
Identification : ne pas confondre
Le carassin commun est souvent confondue avec :
- Le carassin argenté (Carassius gibelio)
- Le poisson rouge (Carassius auratus)
- La carpe commune (Cyprinus carpio)
Le saviez-vous ?
💡 L’hybridation menace l’identité génétique. Les hybridations avec le carassin argenté (Carassius gibelio) et le poisson rouge (Carassius auratus) fragilisent les populations sauvages de carassin commun. Elles entraînent une perte d’identité génétique progressive de l’espèce, soit l’une des principales causes de son déclin européen.
💡 Un champion absolu de la survie sans oxygène. Le carassin commun est l’un des rares vertébrés au monde capables de survivre plusieurs mois sans oxygène. Dans les mares gelées en hiver, où la couche de glace empêche tout échange gazeux, il transforme l’acide lactique produit par ses muscles en éthanol, qu’il évacue par les branchies.
💡 Pas un poisson rouge ! Contrairement à une idée répandue, le carassin commun n’est pas l’ancêtre du poisson rouge : le poisson rouge (Carassius auratus) est une espèce distincte, originaire de Chine, domestiquée depuis plus de 1000 ans pour ses couleurs vives. Les deux espèces peuvent toutefois s’hybrider, ce qui crée des populations confuses dans les milieux où les poissons rouges ont été relâchés.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN du carassin commun
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67206
Illustration © Domaine public


