Nom commun : carassin argenté
Nom scientifique : Carassius gibelio (Bloch, 1782)
Autres noms : carassin de Prusse, gibèle
Famille : Cyprinidés
Description
Génétiquement, le carassin argenté présente de nombreuses ressemblances avec le carassin commun (Carassius carassius) et le carassin doré (Carassius auratus), générant de ce fait des confusions lors de leur identification.
Le carassin argenté possède un corps haut et comprimé latéralement. Sa tête est petite et conique tandis que sa bouche, terminale et oblique, ne possède pas de barbillons. Les nageoires pectorales, ventrales et anale sont relativement fines. La nageoire dorsale est longue, concave et dotée d’un rayon denté (une douzaine de dents). Cette dentelure est également observable sur la nageoire anale. La nageoire caudale, composée de 17 à 19 rayons mous, est très échancrée.
Le carassin argenté se distingue en particulier du carassin doré par le nombre de branchiospines : 43 à 48 pour le carassin argenté contre 21 à 32 pour le carassin doré.
Recouvert de petites écailles (29 à 33 écailles le long de la ligne latérale), le corps du carassin argenté arbore une teinte gris acier, avec un dos plus sombre et un ventre plus clair.
Il mesure généralement entre 30 et 45 cm, pour un poids compris entre 0,5 et 1 kg.

© Yannick Ledoré / FFAL

© FDAAPPMA 33
Habitat et répartition
Une espèce des eaux calmes et dégradées
Le carassin argenté affectionne les eaux calmes, chaudes et peu profondes : étangs, marais, canaux, bras morts et rivières lentes. Il affectionne les milieux riches en végétation et au substrat vaseux.
Robuste, il résiste aux faibles taux d’oxygène dissous, aux brusques changements de température et à la pollution diffuse.
Cette robustesse lui permet de coloniser des milieux dégradés où peu d’autres poissons survivent, entraînant ainsi sa prolifération.
Où le rencontrer ?
📍 Europe centrale et orientale, Asie (espèce introduite en France)
Introduit dans le sud et l’ouest de l’Europe, il est cependant difficile de définir la répartition du carassin argenté en France, en raison de sa trop fréquente confusion avec le carassin doré et le carassin commun.
Reproduction
Le carassin argenté se reproduit quand la température de l’eau avoisine les 16 à 18 °C. Il fréquente les mêmes zones de reproduction que les autres cyprinidés.
Son mode de reproduction principal est par contre assez original : il se reproduit par gynogenèse, c’est-à-dire que l’ovule se développe en embryon par stimulation du spermatozoïde, mais sans que les gènes du père ne soient transmis. Pour féconder ses ovules, la femelle est également capable d’utiliser le sperme de mâles d’autres espèces (carpe, carassin commun, gardon).
Cette reproduction asexuée permet à l’espèce de proliférer très rapidement dans les milieux introduits, avec des populations de femelles surpassant largement celles des mâles.
Alimentation
Le carassin argenté est une espèce omnivore : il consomme du zooplancton, des invertébrés, du phytoplancton, des débris végétaux et de la matière organique présente sur le fond.
Statut de conservation
En tant qu’espèce introduite, le carassin argenté figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Sa tolérance extrême à la pollution, à la chaleur et au manque d’oxygène lui permet de s’installer là où d’autres poissons disparaissent, ce qui en fait une espèce invasive difficile à contenir.
💡 Le carassin argenté ressemble au carassin commun et à la carpe commune, mais s’en distingue par sa robe plus argentée et, contrairement à la carpe, par l’absence de barbillons.
💡 En occupant les mêmes milieux et en détournant à son seul profit le sperme des mâles, le carassin argenté concurrence directement le carassin commun, espèce indigène aujourd’hui en déclin.
Illustration © domaine public

