Nom commun : carassin commun
Nom scientifique : Carassius carassius (Linnaeus, 1758)
Autres noms : carassin européen, carache
Famille : Cyprinidés
Description
Génétiquement, le carassin commun est une espèce très proche du carassin doré (Carassius auratus) et du carassin argenté (Carassius gibelio), avec lesquels sa robe peut prêter à confusion.
Le poisson présente un corps ovoïdal, trapu et aplati. La hauteur de son corps est variable mais toujours assez forte, avec un dos protubérant. Petite et conique, sa bouche terminale est dépourvue de barbillons. Ses nageoires pectorales, ventrales et anale sont légèrement arrondies et de couleur rougeâtre. Sa nageoire dorsale est légèrement convexe, avec un grand rayon dur finement denté (30 dents).
À la différence des autres espèces de carassin, sa nageoire caudale est moins échancrée, avec des lobes plus arrondis. Le carassin commun est parfois confondu dans l’eau en raison de sa robe, qui rappelle celle de la carpe : teinte plus bronzée et verdâtre que le carassin argenté et plus verdâtre que le carassin doré.
La taille moyenne du carassin varie de 20 à 35 cm (40 cm max), pour un poids de 1 kg (2 kg max).

© Laurent Madelon
Habitat et répartition
Une espèce des eaux calmes et stagnantes
Le carassin commun fréquente principalement les eaux calmes et peu profondes des étangs, lacs, mares et bras morts des rivières. Il affectionne les milieux riches en végétation, tolère les forts écarts de température et peut vivre en l’absence totale ou partielle d’oxygène dissous (anaérobie).
Où le rencontrer ?
📍 Europe centrale et orientale (espèce introduite en France)
Introduit au XVIIIᵉ siècle en Lorraine depuis la Pologne, le carassin commun est aujourd’hui largement répandu sur l’ensemble des bassins versants français. Il est relativement fréquent dans l’est, le centre et le nord du pays. Il est plus rare dans le sud méditerranéen.
Reproduction
La reproduction du carassin commun a lieu à partir de mai et juin, quand la température de l’eau dépasse 18 °C. La femelle expulse ses ovules (entre 17 000 et 70 000/kg), qui adhèrent à la végétation et sont fécondés par le mâle. La ponte est multiple et la croissance des individus après éclosion est très variable selon les conditions du milieu, bien qu’elle soit généralement plus lente que celle du carassin argenté.
Alimentation
Le carassin commun est un poisson omnivore à dominante herbivore.
Les jeunes individus se nourrissent principalement de plancton, de petites larves d’insectes et de micro-crustacés.
En grandissant, le carassin diversifie son alimentation avec des vers, des mollusques et des débris végétaux (algues et plantes aquatiques).
Comme la carpe et la brème, le carassin commun fouille activement les sédiments grâce à sa bouche protractile (qui peut s’étendre vers l’avant comme un tube) pour extraire la nourriture enfouie dans la vase.
Statut de conservation
En tant qu’espèce introduite, le carassin commun figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Les hybridations avec le carassin argenté et le carassin doré fragilisent les populations sauvages de carassin commun. Elles entraînent une perte d’identité génétique progressive de l’espèce, soit l’une des principales causes de son déclin européen.
💡 Le carassin commun est l’un des rares vertébrés au monde capables de survivre plusieurs mois sans oxygène. Dans les mares gelées en hiver, où la couche de glace empêche tout échange gazeux, il transforme l’acide lactique produit par ses muscles en éthanol, qu’il évacue par les branchies.
💡 Contrairement à une idée répandue, le carassin commun n’est pas l’ancêtre du poisson rouge (ou carassin doré) : le carassin doré est une espèce originaire de Chine et domestiquée depuis plus de 1 000 ans pour ses couleurs vives. Les deux espèces peuvent toutefois s’hybrider, ce qui tend à porter à confusion l’identification des deux espèces.
Illustration © Victor Nowakowski

