Nom commun : carpe
Nom scientifique : Cyprinus carpio (Linnaeus, 1758)
Autres noms : carpeau, kerpaille
Famille : Cyprinidés
Description
La carpe présente un corps allongé, trapu et aplati latéralement. Sa bouche terminale est munie de 4 barbillons sur la mâchoire supérieure (2 charnus sur la lèvre supérieure et 2 autres à chaque commissure). Elle possède une seule nageoire dorsale à rayons mous et à bord échancré.
La couleur de sa robe est très variable :
- dos brun vert, bleu-vert ou vert-foncé
- flancs et ventres plus clairs
- nageoires paires souvent rouge clair
- nageoires impaires gris-bleu marquées de rouge
Espèce très polymorphe, la carpe se présente sous plusieurs visages dans le lit des cours d’eau.
On distingue ainsi :
- la carpe cuir, qui est pratiquement dépourvue d’écailles
- la carpe commune, dont le corps est recouvert de petites écailles
- la carpe miroir, dont le corps lisse est parsemé de grandes écailles miroitantes réparties irrégulièrement
- la carpe koï, originaire d’Extrême-Orient et dont plus de 125 variétés ornementales sont aujourd’hui connues (dorées, à taches jaunes, oranges ou noires)
Les carpes d’élevages ont souvent une croissance beaucoup plus rapide que les formes sauvages. Elles ont un corps plus élevé et une tête plus petite.
La carpe peut mesurer de 50 à 80 cm pour un poids compris entre 10 et 15 kg. Cependant, de nombreux témoignages attestent aujourd’hui de spécimens pouvant atteindre jusqu’à 120 cm pour un poids max de 40 kg.

Carpe commune – © FNPF/ Laurent Madelon

Carpe Miroir – © FNPF/Laurent Madelon

Carpe koï – © FNPF/Laurent Madelon
Habitat et répartition
Un poisson tolérant des eaux calmes
On peut rencontrer la carpe de la zone à barbeau jusqu’aux milieux saumâtres. Bien que résistante à de nombreuses conditions de vie, elle affectionne particulièrement les étendues d’eaux calmes et chaudes (15 à 25 °C), à fond vaseux et à végétation relativement dense : étangs, lacs, canaux et rivières à faible courant.
Elle supporte également les variations de température et de turbidité, ce qui lui permet de s’adapter aux milieux aquatiques relativement dégradés. Elle évite cependant les faibles concentrations en oxygène dissous, bien que son métabolisme soit capable de les contenir : en dessous de 3 mg/l, elle arrête en effet de s’alimenter et cherche des zones peu profondes et mieux oxygénées pour combler ce manque.
Où la rencontrer ?
📍 Région ponto-caspienne, originaire naturellement du Danube hongrois (espèce introduite en France)
Si, d’après les experts, les carpes auraient été introduites en Europe de l’ouest par les civilisations romaines, ce n’est que durant le XIᵉ siècle que l’on commence à la voir réellement apparaître sur les sites archéologiques du nord-est de la France. On retrouve aujourd’hui cette espèce de l’Europe occidentale jusqu’en Asie (Chine, Sibérie, Inde). Elle a également été introduite en Amérique du Nord à la fin du XIXᵉ siècle.
Suite notamment au développement de la pêche de loisir et de l’aquaculture, la carpe est désormais présente sur l’ensemble des bassins hydrographiques français, notamment ceux de la Seine, de la Loire, du Rhône, de la Garonne et du Rhin.
Reproduction
La carpe est un migrateur holobiotique, passant ainsi l’ensemble de son cycle de vie dans le même milieu. Elle se déplace vers les prairies inondées au cours de la période de reproduction et en eaux profondes durant l’hiver, où les cyprinidés se rassemblent en grands bancs. Les carpes deviennent matures à partir de 2 ans pour les mâles et de 3 ans pour les femelles.
La phase de reproduction est assez tardive en France, soit entre mai et juillet, en raison des exigences thermiques de l’espèce : la température doit ainsi être supérieure à 18 °C. Elle se déroule à l’aube, en eau peu profonde et de préférence dans les prairies inondées (comme de nombreux cyprinidés tels que les gardons, les brèmes et les ablettes…). Les femelles pondent entre 120 000 et 180 000 ovules (1,5 mm) qui adhèrent à la végétation immergée. Après une incubation de 5 jours à 20 °C (100 degrés-jours), les alevins fraîchement éclos, qui mesurent chacun 5 à 6 mm, restent accrochés au support durant 2-3 jours, le temps que leur vésicule vitelline se résorbe.
Les juvéniles restent ensuite dans les zones peu profondes et abritées pour commencer leur croissance.
Alimentation
La carpe est principalement un poisson omnivore benthique (qui se nourrit des organismes vivants au fond de l’eau). Son alimentation varie selon son stade de développement, les saisons et les ressources présentes dans son milieu.
Sa première source de nourriture au début de sa vie comprend des microalgues et de petits organismes bilatériens (rotifères). À partir de 2 cm, elle commence à adopter un régime benthique, composé en grande partie d’invertébrés : larves d’insectes, mollusques, crustacés, etc. Son alimentation est complétée par des graines et des débris végétaux.
La carpe se nourrit au début du crépuscule en utilisant sa bouche protractile (qui peut s’étendre vers l’avant comme un tube) pour fouiller les fonds vaseux ou sablonneux et aspirer sa nourriture.
En hiver, quand la température descend en dessous de 8-10 °C, elle cesse de s’alimenter et migre vers les eaux plus profondes jusqu’au printemps. Elle peut perdre jusqu’à 15 % de son poids.
Le rythme de croissance de la carpe peut être influencé par plusieurs facteurs : la qualité de la nourriture, la variété de l’espèce, densité des individus par rapport au territoire…
Statut de conservation
La carpe n’est pas considérée comme menacée, ni à l’échelle mondiale, ni en France. Elle figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 La carpe peut se reproduire avec le carassin commun et donner naissance à une espèce hybride : la carpe de Kollar. Cet hybride, intermédiaire entre les deux espèces, peut compliquer l’identification sur le terrain.
💡 La carpe est réputée pour sa mémoire et sa capacité d’apprentissage : dans les plans d’eau très pêchés, les individus apprennent à éviter les hameçons et à reconnaître les amorces suspectes.
💡 Certaines carpes peuvent vivre plus de 50 ans dans des conditions favorables.
Illustration © Victor Nowakowski

