Nom commun : épinoche ou épinoche à trois épines
Nom scientifique : Gasterosteus aculeatus (Linnaeus, 1758)
Autres noms : arselet, cordonnier, estancelin, écharde
Famille : Gastérostéidés
Description
L’épinoche présente un corps allongé et comprimé latéralement. Dépourvue de réelles écailles, sa peau est ornée de plaques latérales osseuses dont le nombre varie considérablement selon les formes (de 1 à 25).
Quatre formes sont reconnues en fonction du nombre de plaques :
- trachura (> 8)
- semi-armata (entre 4 et 8)
- gymnura (< 4)
- hologymnura (sans plaques)
Le museau est pointu et le pédoncule caudal est mince. Les nageoires anale et dorsale sont implantées à l’arrière du corps. Sur son dos, 3 à 4 rayons épineux libres sont localisés juste devant la nageoire dorsale (2 grandes épines à l’avant puis une troisième plus courte). Sur son ventre, les deux nageoires pelviennes prennent la forme de deux épines plus ou moins dentées et la nageoire anale est également précédée d’une courte épine.
Son dos est brun verdâtre, ses flancs sont blancs marbrés de bandes verticales plus ou moins apparentes, et son ventre est blanc. Durant la reproduction, le mâle a la gorge et les flancs rouges, le dos vert-bleu et l’iris de l’œil bleu marine.
La taille de l’épinoche varie de 5 à 8 cm avec un maximum de 11 cm. Plus grandes que les mâles, les femelles mesurent entre 3,5 et 12 cm pour un poids de 0,5 à quelques grammes.

Épinoche dans son milieu naturel – © Yannick Ledoré/FFAL

Épinoches mâle et femelle – © Yannick Ledoré/FFAL
Habitat et répartition
Un poisson capable de vivre presque partout
En fonction des formes adoptées, l’épinoche peut se rencontrer en eau douce, en eau saumâtre ou en mer : lagunes, estuaires, étangs, lacs, rivières… Repérable de la surface jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur (maximum 100 m), elle affectionne particulièrement les eaux propres d’une température de 4 à 20°C ainsi que les petits fonds riches en végétation.
Où la rencontrer ?
📍 Hémisphère Nord, des régions polaires aux régions tempérées (espèce autochtone)
En France, l’épinoche colonise une très grande partie de la moitié nord du pays, comprenant notamment les milieux côtiers comme la Manche et la mer du Nord. Au sud, elle est plus localisée et limite son expansion à quelques marais et petits cours d’eau proches du littoral atlantique et méditerranéen.
Reproduction
La reproduction de l’épinoche a lieu de mars à juillet et donne lieu à des parades nuptiales spectaculaires, l’une des plus étudiées du règne animal aquatique européen.
Le mâle défend un territoire et creuse un nid dans des débris végétaux collés ensemble au moyen d’une sécrétion collante générée par son rein (spiggine). Il attire ensuite une femelle prête à pondre. Plusieurs femelles sont susceptibles de pondre dans le même nid, qui peut en contenir jusqu’à plusieurs centaines. Elles sont également capables de pondre plusieurs fois lors d’une même saison.
Les ovules mesurent environ 1,5 mm de diamètre. Une fois fécondés, ces derniers sont gardés par le mâle, qui les ventile régulièrement avec ses nageoires. Quelques jours après l’éclosion, les alevins restent quelque temps sous la protection du mâle avant de devenir autonomes.
En période de reproduction, le mâle change radicalement d’apparence (voir partie « Description ») afin d’attirer les femelles et d’intimider les rivaux masculins.
Alimentation
L’épinoche est un poisson strictement carnivore et consomme principalement du plancton et des micro-invertébrés benthiques (crustacés, mollusques, etc.).
À plusieurs stades de son développement, notamment au stade juvénile, l’épinoche adopte également un comportement cannibale : elle consomme des œufs et des alevins de sa propre espèce, parfois au sein même du nid.
Ce comportement, comparable à celui observé chez le brochet, contribue à réguler la densité des populations et à favoriser la survie des plus vigoureux.
Statut de conservation
L’épinoche figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 L’épinoche porte trois épines dorsales, tandis que l’épinochette (Pungitius pungitius) en compte huit à douze, plus fines et plus serrées. L’épinochette est par ailleurs plus petite et plus élancée.
💡 Malgré sa petite taille, l’épinoche est l’un des poissons les plus utilisés en recherche scientifique au monde. Elle montre des stratégies comportementales d’une complexité étonnante pour un si petit animal.
💡 Les trois épines dorsales peuvent se dresser et se bloquer en cas de menace.
Illustration © Victor Nowakowski

