Nom commun : épinochette
Nom scientifique : Pungitius laevis (Cuvier, 1829)
Autres noms : marichaud, petite épinoche
Famille : Gastérostéidés
Description
L’épinochette présente un corps fusiforme et comprimé latéralement. Elle est plus petite et plus élancée que l’épinoche. Les plaques osseuses, trait emblématique de cette famille, sont ici positionnées à la base de la nageoire caudale. Sa tête est munie d’une bouche garnie de très petites dents et des fentes branchiales communicantes sont situées sous la gorge.
6 à 12 épines (généralement 9) ornent l’avant de la nageoire dorsale. Cette dernière est de la même longueur que la nageoire anale. La carène ventrale, visible chez l’épinoche, est souvent absente chez l’épinochette.
Le dos est gris brun, avec des flancs plus clairs à reflets métalliques, avec parfois des bandes transversales noires et argentées.
La taille moyenne de l’épinochette varie de 4 à 9 cm.
Habitat et répartition
Une espèce d’eaux calmes et végétalisées
L’épinochette fréquente les eaux peu profondes, calmes et riches en végétation : étangs, mares, rivières, zones humides, etc. Elle vit généralement près du fond et il s’agit souvent de l’une des dernières espèces présentes dans les milieux aquatiques en voie d’atterrissement.
Trois grands types de traits de vie sont visibles en France : des individus strictement d’eau douce, des individus estuariens et des individus amphihalins. Elle est toutefois moins euryhaline (adaptée aux variations de salinité) et eurytherme (adaptée aux variations de température) que l’épinoche.
Où la rencontrer ?
📍 Europe occidentale et centrale (espèce autochtone)
En France, l’épinochette est surtout localisée dans les régions du nord et de l’ouest, principalement dans les bassins de la Seine, de la Somme, de la Loire ainsi que dans plusieurs zones côtières atlantiques.
Reproduction
Le mode de reproduction de l’épinochette est comparable à celui de l’épinoche.
Elle fraie au printemps lors de sa première année, généralement entre avril et juin en France. Le mâle construit un nid en forme de manchon suspendu aux plantes aquatiques et recouvert de débris végétaux.
Après la ponte des ovules par une ou plusieurs femelles ainsi que leur fécondation, le mâle protège le nid durant la période d’incubation (de 10 à 20 jours) et ventile les œufs avec ses nageoires pour leur apporter de l’oxygène. Les alevins restent plusieurs jours sous la protection du mâle avant de devenir autonomes.
La mort survient souvent quelques jours à quelques semaines après la reproduction.
Alimentation
L’épinochette est un poisson opportuniste, dont le régime comprend des larves d’insectes, des vers, des micro-crustacés et du zooplancton.
Elle capture ses proies dans la végétation aquatique ou au fond, grâce à sa petite taille et à sa grande agilité.
Statut de conservation
L’épinochette figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 L’épinochette porte 6 à 12 épines dorsales, contre seulement trois chez l’épinoche, et affiche une silhouette plus filiforme.
💡 Comme l’épinoche, l’épinochette est utilisée dans certains travaux scientifiques pour étudier le comportement et l’adaptation aux milieux aquatiques. Les deux espèces sont des modèles classiques en éthologie comparative.
💡 L’épinochette est l’un des rares poissons d’eau douce français à construire un véritable nid suspendu dans la végétation aquatique. Cette stratégie protège les œufs de la prédation au fond, mais expose en revanche le mâle à une vigilance permanente.
Illustration © Victor Nowakowski

