Nom scientifique : Acipenser baerii

Autres noms : esturgeon sibérien

Famille : Acipenséridés

Géant des fleuves de Sibérie, l’esturgeon de Sibérie est un poisson très ancien, élevé en France pour la production de caviar. Présent dans nos eaux uniquement à la suite d’échappées d’élevage, il n’y forme pas de populations naturelles.

Habitat et répartition

Un poisson de fond des grands cours d’eau

Dans son aire d’origine, l’esturgeon de Sibérie peuple les grands fleuves et lacs sibériens, où il vit près du fond. C’est un poisson benthique (qui se tient sur le fond), capable de fréquenter aussi bien les eaux profondes que les zones plus côtières des grands lacs.

En France, on ne le rencontre que de façon accidentelle, à la suite d’échappées des élevages aquacoles. Il ne s’y reproduit pas et n’y constitue pas de populations établies.

Où le rencontrer ?

  • Sibérie : grands bassins fluviaux (Ob, Ienisseï, Léna…) (espèce introduite en France)

Élevé en France, notamment en Aquitaine, pour la production de caviar, l’esturgeon de Sibérie n’est présent dans le milieu naturel que par des individus échappés. Il ne doit en aucun cas être relâché, ses effets sur les écosystèmes locaux étant mal connus.

Reproduction

L’esturgeon de Sibérie ne se reproduit pas dans les eaux françaises. Dans son aire d’origine, il migre au printemps vers l’amont des grands fleuves pour frayer sur des fonds graveleux.

Sa maturité sexuelle très tardive, souvent au-delà de dix ans, rend l’espèce particulièrement vulnérable à la surpêche dans son milieu naturel.

Alimentation

L’esturgeon de Sibérie est un poisson benthivore (qui se nourrit sur le fond) : il consomme surtout des larves d’insectes, des vers, des mollusques et de petits crustacés.

Pour les détecter, il explore le fond à l’aide de ses quatre barbillons sensoriels, puis aspire ses proies grâce à sa bouche tubulaire projetable, située sous le museau.

Statut de conservation

En France, l’esturgeon de Sibérie est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), un statut réservé aux espèces introduites.

Dans son aire d’origine, en revanche, l’espèce est considérée comme « en danger critique » par l’UICN, en raison de la surpêche et de l’aménagement des fleuves sibériens.

Le saviez-vous ?

💡 Un fossile vivant. Les esturgeons comptent parmi les poissons les plus anciens : leur lignée existait déjà à l’ère des dinosaures. Leur corps ne porte presque pas d’écailles mais des rangées de plaques osseuses, et leur squelette reste en grande partie cartilagineux.

💡 Menacé dans son milieu d’origine. Paradoxe de cette espèce : élevée en grand nombre en aquaculture, elle est pourtant en danger critique d’extinction dans les fleuves de Sibérie, victime de la surpêche pour le caviar et de la construction de barrages.

💡 À ne pas confondre avec l’esturgeon européen ! L’esturgeon de Sibérie est une espèce d’élevage introduite, à distinguer de l’esturgeon européen (Acipenser sturio), seule espèce d’esturgeon indigène de France, aujourd’hui au bord de l’extinction et strictement protégée.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche INPN de l’esturgeon de Sibérie

👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/200254

Illustration © domaine public

 

Non applicable
(UICN, Juillet 2019)

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