Nom commun : bouvière

Nom scientifique : Rhodeus amarus (Bloch, 1782)

Autres noms : cyprin amer, péteuse

Famille : Cyprinidés

Description

La bouvière est un poisson de petite taille, au corps court, haut et comprimé latéralement. Sa ligne latérale complète s’arrête sur 4 à 6 écailles. En dehors de la phase de reproduction, son dos est gris-verdâtre, ses flancs sont argentés et le ventre est jaunâtre. Une bande vert-bleu barre également les flancs et le pédoncule caudal.

Au moment de la reproduction, les mâles arborent une coloration rose violacé, une tache foncée verticale en arrière des opercules, et la bande bleu latérale devient également plus vive. Les nageoires dorsale et anale deviennent rouges et des tubercules apparaissent au niveau des narines et des yeux.

Chez la femelle, un long tube de ponte (ovipositeur) se développe, pouvant mesurer jusqu’à 6 cm.

© Frantz Storck / OFB

© Yannick Ledoré / FFAL

Habitat et répartition

Une espèce d’eaux calmes et végétalisées

La bouvière réside surtout dans les milieux d’eaux calmes : lacs, étangs, plaines alluviales, canaux, rivières. Elle affectionne les eaux claires et peu profondes, à fonds sablo-limoneux et riches en végétation aquatique.

Sa présence dépend de la présence d’un autre organisme présent dans son milieu naturel et indispensable à son cycle de vie : les mollusques bivalves (Unionidae).

Où la rencontrer ?

📍 Europe centrale et orientale / Nord de l’Asie (espèce autochtone)

En France, la bouvière ne serait autochtone que dans les bassins de la Seine et du Rhin, mais elle colonise désormais la majorité des grands bassins hydrographiques : bassin de la Loire, bassin du Rhône et certaines zones du bassin méditerranéen. Elle reste cependant absente des fleuves côtiers, par exemple dans le bassin de la Manche.

Reproduction

La bouvière se reproduit d’avril à août, quand la température atteint 15-21 °C.

Elle se distingue par un mode de reproduction particulièrement original : c’est l’un des rares poissons au monde à confier ses œufs à un autre animal, ici une moule d’eau douce (Unio ou Anodonta).

La femelle sélectionne une moule présentant une forte concentration en oxygène dissous au niveau du siphon exhalant. Dotée de son long ovipositeur (6 cm), elle dépose ses ovules dans ce dernier. La ponte (40 à 100 ovules au total par femelle) est multiple, soit un à plusieurs ovules déposés à chaque fois. Le mâle répand ensuite sa semence près du siphon de la moule.

Après éclosion, les alevins se développent pendant plusieurs semaines, protégés des prédateurs et oxygénés par la respiration de leur hôte. Ils en sortent une fois capables de nager librement.

En retour, les larves de la moule (appelées « glochidies ») peuvent se fixer sur les branchies des poissons environnants pour leur propre dispersion.

Alimentation

La bouvière est une espèce phytophage : elle se nourrit essentiellement de plancton et de débris végétaux, mais peut élargir  son régime à des larves d’insectes, de vers et des micro-crustacés.

Statut de conservation

La bouvière figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Malgré ce statut, la bouvière bénéficie d’une double protection légale :

  • Arrêté ministériel du 8 décembre 1988 : la bouvière est inscrite sur la liste des espèces de poissons protégées sur l’ensemble du territoire français. Sa destruction, sa mutilation, sa capture intentionnelle, son transport et son commerce sont interdits.
  • Directive Habitats européenne (annexe II) : sa protection à l’échelle européenne implique la désignation de sites Natura 2000 pour la préserver.

Le saviez-vous ?

💡 La bouvière est l’une des rares espèces piscicoles ostracophiles (qui dépendent des mollusques pour leur reproduction) présentes en Europe.

💡 Sa présence constitue un excellent indicateur de la qualité écologique des cours d’eau, car les mollusques dont elle dépend sont particulièrement sensibles à la pollution, au colmatage et au réchauffement des eaux.

💡 Hors période de reproduction, la bouvière passe presque inaperçue : dos brun-olive, flancs argentés, ventre clair. Mais dès le printemps, le mâle se métamorphose : flancs bleu turquoise à violacé, reflets métalliques marqués. Une transformation aussi spectaculaire que celle de l’épinoche.

💡 L’un des noms communs de la bouvière est « péteuse », en référence à un comportement curieux : lorsqu’elle est manipulée hors de l’eau, elle peut émettre de petites bulles ou un son particulier.

Illustration © Victor Nowakowski

 

Préoccupation mineure
(UICN, juillet 2019)


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Carte


 

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