Nom commun : Grémille
Nom scientifique : Gymnocephalus cernua (Linnaeus, 1758)
Autres noms : goujon-perche, grimau, greuillet
Famille : Percidés
Description
La Grémille possède un corps bombé, haut et comprimé latéralement. Son opercule est équipé d’un long et fort aiguillon et la nageoire dorsale antérieure possède des rayons pointus. Ses nageoires dorsales et caudale portent des taches sombres. Sa peau est recouverte d’écailles cténoïdes (dont le bord est dentelé) et sa ligne latérale est placée relativement haut.
Le dos et les flancs de la Grémille varient du vert olive au gris vert, mouchetés de taches sombres.
Sa taille peut atteindre 15 à 20 cm, voire exceptionnellement 30 cm.

© Yannick Ledoré / FFAL

© FDAAPPMA 33
Habitat et répartition
Un poisson des eaux calmes et troubles
Bien que résistante au phénomène d’eutrophisation, la Grémille fréquente principalement les eaux calmes, profondes et oligotrophes des grands cours d’eau lents, canaux, lacs et plans d’eau. Elle peut également coloniser les milieux d’eaux saumâtres, si le taux de salinité ne dépasse pas 15 %.
Elle vit près du fond, de préférence sur des fonds de sables et de graviers.
Où la rencontrer ?
📍 Europe occidentale à Sibérie orientale, grands lacs américains (espèce autochtone en France)
Autochtone de l’est du bassin Rhin, la Grémille a élargi son expansion aux bassins de la Seine et de la Saône via les canaux. Sa présence dans le Sud-Ouest (bassins de la Garonne et de la Dordogne) et dans les bassins côtiers méditerranéens est le fait d’introductions.
Reproduction
La reproduction de la Grémille a lieu de mars à août, quand la température est comprise entre 15 et 18 °C. La ponte s’effectue en plusieurs fois au cours de la saison.
Les femelles pondent des ovules (305 à 1 540/g) en rubans collants sur la végétation et les graviers, en eau peu profonde, avant d’être fécondés par les mâles.
Au bout de 8 à 10 jours, les œufs éclosent et des larves munies d’une vésicule vitelline en sortent. La croissance des individus est rapide, avec une maturité sexuelle atteinte au bout de 1 à 2 ans.
Alimentation
La Grémille se nourrit essentiellement de zooplancton, d’insectes, de chironomes et de crustacés benthiques. Les plus grands individus peuvent également adopter un comportement piscivore et prédateur des œufs d’autres poissons.
Statut de conservation
La Grémille figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 La tête de la Grémille est criblée de cavités sensorielles qui, associées à une ligne latérale très développée, lui permettent de chasser sans problème la nuit.
💡 Elle se distingue de la Perche (Perca fluviatilis) par sa nageoire dorsale unique (les deux dorsales sont soudées), sa plus petite taille et son corps recouvert de mucus.
💡 Grémilles et perches occupent des habitats naturels proches et se disputent ainsi les mêmes ressources alimentaires. La prédation de la Grémille sur les œufs de poissons lui a parfois valu une réputation d’indésirable.
Illustration © Victor Nowakowski

