Nom commun : chevesne
Nom scientifique : Squalius cephalus (Linnaeus, 1758)
Autres noms : chevaine, meunier
Famille : Cyprinidés
Description
Le chevesne est un poisson au corps long et cylindrique, avec une tête large à fond plat fendue d’une grande bouche terminale, orientée vers le haut et munie de grosses lèvres. Sa peau est recouverte de grandes écailles bordées de noir. La nageoire anale a le bord arrière convexe et la nageoire caudale est peu échancrée, avec un liseré sombre. Les nageoires sont plutôt ternes et assez sombres, à l’exception des nageoires pelviennes et anale qui ont une couleur rouge orangée.
Son dos brun-vert à reflets bleus contraste avec son ventre blanc. Ses flancs sont blanc crème, avec une bande sombre en diagonale juste en arrière des ouïes chez l’adulte.
Lors de la reproduction, le mâle se pare de tubercules nuptiaux blancs sur les côtés de la tête.
La taille moyenne du chevesne varie de 30 à 50 cm (65 cm max), pour un poids d’environ 1 kg (4 kg max).

© Laurent Madelon

© Laurent Madelon
Habitat et répartition
Un poisson présent partout
Peu exigeant, le chevesne fréquente presque tous les types de cours d’eau, depuis la zone à truite jusqu’à la zone à brème et les estuaires. Il est très tolérant en termes de conditions de milieu : le taux d’oxygène dissous peut descendre en-dessous de 6 mg/l avec des températures supérieures à 30 °C.
Où le rencontrer ?
📍 Europe (espèce autochtone)
En France, le chevesne est l’un des poissons d’eau douce les plus répandus. Il est absent dans les grands bassins côtiers, sur la pointe bretonne et à l’extrême nord du pays. Il a été introduit en Corse.
Reproduction
La reproduction du chevesne a lieu au printemps, de mi-avril à mi-juin, quand la température dépasse 15 °C. Durant cette période, les géniteurs se rassemblent en rivière à proximité des radiers (même s’ils peuvent parfois reproduire en eaux calmes), sous la forme de bancs d’environ cent individus.
Les ovules, déposés par les femelles (57 000/kg), adhèrent au substrat graveleux et sont fécondés par les mâles. Après 3 jours d’incubation à 18 °C, les œufs éclosent et au bout du 16ᵉ jour, les larves dérivent dans le courant.
Pendant la journée, les juvéniles se tiennent en petits groupes sous la surface de l’eau, dans des zones peu profondes et faiblement courantes. Ils ont alors tendance à s’associer à des bancs d’autres congénères, comme les gardons.
À 3 ans, les adultes sont moins grégaires et préfèrent les zones plus profondes (80 cm) à courant rapide, dans les petites rivières et aux abords des chutes et des berges de grands cours d’eau.
Alimentation
Le chevesne est un poisson omnivore parmi les plus opportunistes de nos rivières : son régime évolue avec l’âge et s’adapte aux ressources disponibles.
Il consomme des insectes, des mollusques, des végétaux et même des poissons pour les individus de plus de 20 cm. Plus sa croissance est avancée, plus son régime alimentaire est à tendance phytophage (herbivore) et piscivore (poissons).
Les mâles vivent jusqu’à l’âge de 9 ans, quand celui des femelles atteint 13 ans ou plus.
Statut de conservation
Le chevesne figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Le chevesne est sans doute le poisson le plus omnivore présent sur le territoire : il gobe volontiers les fruits tombés dans la rivière (cerises, mûres, etc.) et ne dédaigne ni les insectes, ni les petits poissons, ni les écrevisses.
💡 Comme d’autres cyprinidés, le chevesne peut s’hybrider avec des espèces voisines telles que la vandoise ou le gardon, donnant des individus intermédiaires parfois difficiles à identifier.
Illustration © Victor Nowakowski

