Nom scientifique : Carassius gibelio

Autres noms : carassin de Prusse, gibèle

Famille : Cyprinidés

Petit cyprinidé trapu d’origine continentale, le carassin argenté est une espèce introduite réputée pour son extraordinaire capacité d’adaptation. Son trait le plus singulier tient à sa reproduction : ses populations sont souvent composées presque uniquement de femelles, capables de se cloner sans véritable fécondation.

Habitat et répartition

Une espèce des eaux calmes et dégradées

Le carassin argenté affectionne les eaux calmes, chaudes et peu profondes : étangs, mares, canaux, bras morts et rivières lentes, souvent riches en végétation et aux fonds vaseux.

C’est une espèce d’une résistance remarquable : elle tolère de faibles taux d’oxygène, des eaux chaudes, la pollution et l’eutrophisation. Cette robustesse lui permet de coloniser des milieux dégradés où peu d’autres poissons survivent.

Où le rencontrer ?

  • Europe centrale et orientale, Asie (espèce introduite en France)

Introduit en Europe de l’Ouest, souvent à la faveur du commerce d’appâts vivants et des empoissonnements, le carassin argenté s’est largement répandu. En France, il est aujourd’hui présent dans de nombreux plans d’eau et cours d’eau lents, et son aire continue de s’étendre.

Reproduction

Le carassin argenté se reproduit au printemps et en été, dans les eaux chaudes et végétalisées où il dépose ses œufs collants sur les plantes aquatiques.

Mais sa particularité est ailleurs : beaucoup de populations sont presque exclusivement composées de femelles, qui se reproduisent par gynogenèse (mode de reproduction où le sperme déclenche le développement de l’œuf sans transmettre de gènes).

Pour activer leurs œufs, ces femelles utilisent le sperme de mâles d’autres espèces (carpe, carassin commun, gardon) mais celui-ci ne transmet aucun caractère : la descendance est constituée de clones de la mère. Ce système permet à l’espèce de proliférer très rapidement, même en l’absence de mâles de sa propre espèce.

Alimentation

Le carassin argenté est omnivore et opportuniste : il consomme du zooplancton, des invertébrés, du phytoplancton, des débris végétaux et la matière organique présente sur le fond.

Cette alimentation très souple participe à son succès colonisateur : il trouve à se nourrir dans presque tous les milieux.

Statut de conservation

Le carassin argenté est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), un statut réservé aux espèces introduites.

Le saviez-vous ?

💡 Des populations de clones. De nombreuses femelles de carassin argenté se reproduisent par gynogenèse, donnant des descendants génétiquement identiques à elles-mêmes : un mode de reproduction quasi clonal, très rare chez les vertébrés.

💡 Un colonisateur redoutable. Sa tolérance extrême à la pollution, à la chaleur et au manque d’oxygène lui permet de s’installer là où d’autres poissons disparaissent, ce qui en fait une espèce invasive difficile à contenir.

💡 À ne pas confondre. Le carassin argenté ressemble au carassin commun et à la carpe commune, mais s’en distingue par sa robe plus argentée et, contrairement à la carpe, par l’absence de barbillons.

💡 Une menace pour le carassin commun. En occupant les mêmes milieux et en détournant à son seul profit le sperme des mâles, le carassin argenté concurrence directement le carassin commun, espèce indigène aujourd’hui en déclin.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche INPN du carassin argenté

👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67210

Illustration © domaine public

 

Non applicable
(UICN, juillet 2019)


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