
Nom scientifique : Neogobius melanostomus
Autres noms : gobie arrondi
Famille : Gobiidés
Petit poisson de fond venu de la mer Noire, le gobie à taches noires est une espèce invasive en pleine expansion en Europe. Reconnaissable à la tache sombre qui orne l’arrière de sa première nageoire dorsale, il colonise les milieux à grande vitesse, en partie grâce aux navires qui le transportent d’un bassin à l’autre.
Habitat et répartition
Un poisson de fond très adaptable
Le gobie à taches noires est une espèce benthique (qui vit sur le fond) : il se tient sur les substrats durs (pierres, blocs, enrochements) auxquels il se fixe grâce à une ventouse ventrale.
Très tolérant, il est euryhalin (capable de vivre en eau douce comme en eau salée), ce qui lui permet de coloniser aussi bien les rivières et canaux que les estuaires et zones côtières. Le réchauffement des eaux lui est par ailleurs favorable.
Où le rencontrer ?
- Région ponto-caspienne : mers Noire, d’Azov et Caspienne (espèce introduite en France)
Le gobie à taches noires s’est répandu dans une grande partie de l’Europe en remontant les grands fleuves et en profitant du transport maritime. En France, il colonise le Rhin, la Moselle et le Rhône, et a récemment atteint le bassin de la Seine, notamment son estuaire.
Reproduction
La reproduction du gobie à tache noire s’accompagne d’un comportement remarquable : le mâle « chante » pour séduire la femelle. Il émet des sons que la femelle évalue, selon leur fréquence et leur intensité, pour choisir son partenaire.
En période de reproduction, le mâle devient entièrement noir. Il aménage un nid sous une pierre ou dans une coquille de mollusque vide, y attire plusieurs femelles, puis garde et protège les œufs jusqu’à l’éclosion.
Cette reproduction multiple et la garde de la ponte par le mâle contribuent à la rapidité de colonisation de l’espèce.
Alimentation
Le gobie à taches noires est un prédateur de fond opportuniste. Il consomme des invertébrés benthiques (mollusques, crustacés, larves, vers) et broie volontiers les coquilles grâce à ses puissantes dents.
Il s’attaque aussi aux œufs et aux alevins d’autres poissons, ce qui en fait un concurrent redoutable pour la faune locale.
Statut de conservation
Le gobie à taches noires est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), un statut réservé aux espèces introduites.
Le saviez-vous ?
💡 Un poisson qui chante. Pour séduire les femelles, le mâle émet des sons graves, sortes de grognements. Les femelles choisissent leur partenaire d’après ces signaux sonores.
💡 Une ventouse sous le ventre. Ses nageoires pelviennes sont fusionnées en un disque adhésif qui agit comme une ventouse : le gobie peut ainsi se cramponner aux pierres et résister au courant.
💡 Un passager clandestin. Le gobie voyage en se fixant sur les coques des navires ou en étant aspiré dans leurs eaux de ballast, ce qui lui permet d’atteindre des bassins isolés, comme l’estuaire de la Seine.
💡 Une menace pour la faune locale. En dévorant œufs et alevins et en concurrençant les poissons de fond indigènes, le gobie perturbe les écosystèmes. Le réchauffement des eaux, dont l’optimum se situe vers 26 °C, favorise encore son expansion.
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN du gobie à taches noires
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/70155
Illustration © Peter van der Sluijs


