Nom commun : loche d’étang

Nom scientifique : Misgurnus fossilis (Linnaeus, 1758)

Autres noms : loche de vase, poisson-baromètre

Famille : Cobitidés

Description

La loche d’étang possède un corps anguilliforme. Sa tête est petite et conique, avec des petits yeux placés assez haut. Sa bouche est dotée de 6 barbillons supérieurs et 4 barbillons portés par la mandibule. L’agencement des barbillons forme une corolle autour de la bouche. Ses nageoires sont relativement petites et courtes, même si, chez les mâles, les nageoires pectorales sont plus grandes et plus pointues. Deux crêtes, dorsale et ventrale, sont implantées juste avant la queue.

La couleur de la robe est marron rayée de bandes jaunes, avec un ventre jaune orangé piqueté de noir.

Au moment du frai, les mâles présentent un renflement au milieu du corps.

La loche d’étang mesure entre 15 et 30 cm pour un poids pouvant aller jusqu’à 100 g.

© Frantz Storck

Habitat et répartition

Une espèce des eaux stagnantes et vaseuses

La loche d’étang affectionne les eaux calmes, stagnantes et à faible courant : étangs, zones humides, bras morts, fossés, rivières à courant lent. Elle vit sur les fonds sablo-vaseux, riches en matière organique et en végétation.

Son activité est nocturne : le jour, elle reste enfouie dans la vase.

Sédentaire, elle se déplace peu et supporte des conditions que peu de poissons tolèrent, notamment de très faibles taux d’oxygène, grâce à une respiration branchiale et intestinale. En situation anoxique, elle avale de l’air et l’oxygène est absorbé au passage dans l’intestin.

Où la rencontrer ?

📍 Europe centrale et orientale (espèce autochtone, très localisée en France)

En France, les rencontres avec la loche d’étang sont rares et cantonnées à quelques secteurs précis :

  • marais du haut-Rhône
  • étangs dauphinois, aux alentours de Belfort
  • région de Toul
  • mortes de Moselle et de la Sarre
  • marais d’Aubigny (Nord)
  • plans d’eau de la Marne

Elle est également citée ponctuellement sur certaines stations (Haute-Marne, Cher, Orne), sans confirmation précise de populations pérennes.

Sur le bassin Seine-Normandie, sa présence résulte souvent d’introductions locales.

Reproduction

La loche d’étang se reproduit d’avril à juin.

La femelle dépose jusqu’à 150 000 ovules rougeâtres qui vont se déposer sur les plantes aquatiques et être fécondés par les mâles.

Après 8 à 10 jours d’incubation à 21 °C, les œufs éclosent et les jeunes larves possèdent temporairement des branchies externes, qui les aident à respirer dans les eaux pauvres en oxygène où elles grandissent.

Alimentation

La loche d’étang est un poisson fouisseur qui se nourrit la nuit, en fouillant la vase et en détectant ses proies grâce à ses nombreux barbillons sensoriels.

Son régime se compose de petits invertébrés benthiques : vers, larves d’insectes, mollusques et crustacés.

Statut de conservation

La loche d’étang figure dans la catégorie « en danger » (EN) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le saviez-vous ?

💡 La loche d’étang est très sensible aux variations de pression atmosphérique : elle s’agite et monte vers la surface à l’approche des orages. Autrefois, on la gardait en bocal pour prévoir le temps, d’où son surnom de « loche météo ».

💡 Étroitement liée aux zones humides, elle pâtit directement de leur disparition et de la dégradation de la qualité des eaux.

Illustration © Victor Nowakowski

 

En danger
(UICN, juillet 2019)


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Carte

Lamproie marine

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Loche épineuse