Nom commun : Truite de mer

Nom scientifique : Salmo trutta trutta (Linnaeus, 1758)

Autres noms : truite atlantique, truite anadrome

Famille : Salmonidés

Description

La forme générale de la Truite de mer est élancée, avec une tête forte, une bouche largement fendue ainsi qu’une grande nageoire caudale, largement fourchue (arrondie chez les spécimens âgés). L’extrémité postérieure du maxillaire dépasse l’aplomb du bord postérieur de la pupille. Sa bouche est pourvue de nombreuses dents persistantes.

De forme plus trapue que celle de rivière, la Truite de mer se pare d’une robe argentée et présente des taches noires souvent cruciformes sur le flanc, au-dessus et en-dessous de la ligne latérale. Lors de la reproduction, la couleur de sa robe s’intensifie et un bec apparaît sur la mâchoire inférieure des mâles.

En France, la Truite de mer peut mesurer jusqu’à un mètre pour 10 kg.

© D. Poracchia

© D. Poracchia

Habitat et répartition

Un cycle de vie entre deux mondes

La Truite de mer est une forme migratrice de la Truite fario (Salmo trutta fario) : elles appartiennent à la même espèce. Elle se reproduit et passe sa phase juvénile en eau douce, dans des rivières froides, bien oxygénées et à courant soutenu.

Après 1 à 3 ans en rivière, elle migre vers la mer en mettant en place des mécanismes d’adaptation à l’eau de mer (smoltification)  et reste sur le plateau continental (zone marine peu profonde proche des côtes), riche en nourriture, pour sa croissance.

À l’âge adulte, elle remonte le cours des rivières pour frayer (se reproduire).

Cette alternance entre milieux marins et dulçaquicoles (eau douce) caractérise un mode de vie anadrome.

Où la rencontrer ?

📍 Façade atlantique et Manche (espèce autochtone)

En France, la Truite de mer fréquente principalement les rivières côtières de Bretagne, de Normandie, du Pays de la Loire et de la Nouvelle-Aquitaine.

Reproduction

La reproduction de la truite de mer a lieu de novembre à fin février.

Les adultes quittent la mer pour remonter leur rivière d’origine, parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres, afin de rejoindre les zones amont bien oxygénées, à courant soutenu et à fond de graviers. Les zones privilégiées sont notamment les secteurs graveleux à courant vif, dans les parties hautes des bassins.

La femelle creuse une cuvette dans le gravier, où elle dépose plusieurs milliers d’ovules (environ 2 000 ovules par kg) et les recouvre de graviers, dont le diamètre moyen varie selon la taille des spécimens. Les ovules, de 3 à 5 mm, sont aussitôt fécondés par les mâles.

Après éclosion, les embryons, qui font 20 à 25 mm, résident dans les aspérités du substrat en se nourrissant de leur vésicule vitelline jusqu’au printemps. Au printemps, les alevins dévalent le lit des cours d’eau, de préférence la nuit, et colonisent les zones favorables de la rivière. À ce stade, les alevins commencent à adopter un comportement territorial marqué ainsi qu’un système de hiérarchie développé pour l’occupation des meilleurs postes alimentaires.

Leur croissance s’accompagne de déplacements plus ou moins importants vers l’aval des cours d’eau, selon la taille et les besoins du poisson.

Âgés de 1 à 2 ans, les juvéniles adoptent des mécanismes d’adaptation à l’eau de mer (smoltification), comprenant des changements physiologiques, morphologiques (robe argentée) et comportementaux (migration en bancs vers la mer). Durant cette période, les individus s’imprègnent des caractéristiques de la rivière qu’ils mémorisent pour leur migration de retour.

Les nouvelles générations de truites de mer effectuent alors des migrations côtières sur le plateau continental et remontent en rivière entre mai et janvier pour se reproduire pour la première fois après un séjour marin de 3 mois à 3 ans. Elles sont alors appelées « finnock ».

© Yannick Ledoré – FFAL

Alimentation

La Truite de mer est strictement carnivore.

Lors de sa vie en mer (stade adulte), elle se nourrit de petits poissons et de gros crustacés.

Pendant sa remontée en rivière, elle continue de se nourrir d’invertébrés terrestres et aquatiques, de larves d’insectes, de vers et parfois de petits poissons. Un comportement différent du saumon atlantique, dont l’alimentation cesse durant la période de migration en eau douce.

La Truite de mer chasse à vue et sélectionne ses proies selon ses facultés olfactives, visuelles et gustatives.

Statut de conservation

La Truite de mer figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019). Elle reste néanmoins une espèce sensible localement, dépendant fortement de la qualité écologique des cours d’eau et de la libre circulation entre la mer et l’amont des rivières.

Le saviez-vous ?

💡 La Truite de mer et la Truite fario sont une seule et même espèce. Selon les conditions du milieu, certaines truites restent en rivière, tandis que d’autres partent vivre en mer. Un même œuf peut ainsi donner l’une ou l’autre forme.

💡 À la différence du Saumon atlantique (Salmo salar), la truite de mer est une espèce itéropare (qui peut se reproduire plusieurs fois au cours de sa vie). Elle reste généralement à proximité des côtes, sans effectuer les longues migrations océaniques de son cousin.

Illustration © Victor Nowakowski

 

Préoccupation mineure
(UICN, juillet 2019)

Truite arc-en-ciel

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Truite fario