Nom scientifique : Pseudorasbora parva

Autres noms : goujon asiatique, goujon de pierre

Famille : Cyprinidés

Le pseudorasbora est l’une des espèces exotiques envahissantes les plus préoccupantes d’Europe. Originaire d’Asie orientale, ce petit cyprinidé d’à peine 10 centimètres a colonisé une grande partie du continent depuis son introduction accidentelle dans les années 1960. Sous une apparence anodine se cache une menace majeure pour la biodiversité aquatique : porteur sain d’un parasite mortel pour de nombreuses espèces locales, il est aujourd’hui inscrit sur la liste européenne des EEE préoccupantes.

Habitat et répartition

Une espèce ultra-adaptable

Le pseudorasbora vit surtout dans les eaux calmes et peu profondes : étangs, lacs, canaux, plans d’eau artificiels et rivières lentes. Il préfère les zones riches en végétation, qui offrent à la fois nourriture, abris et lieux de reproduction.

Très tolérant, il supporte de faibles taux d’oxygène et des températures élevées, ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux, y compris les plus dégradés. Poisson opportuniste, il s’adapte facilement à différents environnements, une caractéristique partagée avec le poisson-chat et la perche-soleil, qui explique en grande partie son succès colonisateur.

Où le rencontrer ?

  • Asie orientale (espèce introduite en France)

Introduit accidentellement en Europe dans les années 1960 (probablement via l’importation de carpes asiatiques pour l’aquaculture), le pseudorasbora s’est largement répandu dans de nombreux pays, dont la France où il est désormais présent sur l’ensemble du territoire.

Reproduction

Le pseudorasbora se reproduit entre avril et juin. Les mâles deviennent territoriaux et construisent des nids rudimentaires dans la végétation, sur des racines, des pierres ou même des substrats artificiels.

Les femelles y déposent leurs œufs adhésifs, en plusieurs couches successives pendant toute la saison. Le mâle protège et ventile les œufs avec ses nageoires pour favoriser leur développement.

Une fois éclos, les alevins grandissent rapidement et atteignent leur maturité sexuelle dès l’année suivante.

Avec ses pontes multiples, sa maturité précoce et son comportement parental protecteur, le pseudorasbora dispose d’une stratégie reproductive parfaitement optimisée pour la colonisation rapide de nouveaux milieux. C’est l’une des principales raisons de son succès en tant qu’espèce envahissante.

Alimentation

Le pseudorasbora est un poisson opportuniste, capable de consommer une grande variété de nourriture.

Les alevins consomment surtout du plancton et des micro-organismes.

En grandissant, ils se nourrissent d’invertébrés aquatiques, de larves d’insectes, de petits crustacés, de débris végétaux, d’algues, ainsi que parfois d’œufs et d’alevins d’autres poissons.

Très adaptable, le pseudorasbora modifie son alimentation selon la disponibilité des ressources.

Statut de conservation et impacts écologiques

Le pseudorasbora est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Le pseudorasbora est inscrit sur la liste de l’Union européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes, au titre du Règlement européen 1143/2014. Cette inscription, plus contraignante que la simple qualification d’EEE, implique :

  • Interdiction d’importation, transport, mise sur le marché, élevage, reproduction
  • Obligation pour les États membres de mettre en place des mesures de gestion
  • Surveillance active des populations dans les milieux naturels

Ses impacts écologiques documentés :

  • Compétition intense avec les espèces autochtones, notamment les autres petits cyprinidés
  • Prédation sur les œufs et alevins d’espèces indigènes
  • Vecteur d’un parasite mortel

Le saviez-vous ?

💡 Un porteur sain d’un parasite mortel. Le pseudorasbora est l’hôte sain d’un parasite, Sphaerothecum destruens, qui peut affecter gravement d’autres poissons (salmonidés, cyprinidés, bouvière…) sans présenter lui-même de symptômes. Ce parasite peut provoquer des mortalités massives dans les populations autochtones : c’est l’une des raisons majeures de son classement parmi les EEE les plus dangereuses d’Europe.

💡 Un voyageur clandestin de l’aquaculture. Le pseudorasbora a été introduit accidentellement en Europe dans les années 1960, probablement caché parmi des alevins de carpes asiatiques importés pour l’aquaculture.

💡 Une colonisation européenne fulgurante. Depuis sa première détection en Roumanie en 1961, le pseudorasbora a colonisé plus de 30 pays européens en seulement six décennies.

Pour aller plus loin

🔗 Fiche INPN du pseudorasbora

👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67415

Illustration © Victor Nowakowski

 

Non applicable
(UICN, juillet 2019)


Découvrez sa répartition sur le bassin Seine-Normandie

carte

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