Nom commun : lamproie de Planer
Nom scientifique : Lampetra planeri (Bloch, 1784)
Autres noms : petite lamproie, lamproie de ruisseau
Famille : Pétromyzontidés
Description
La lamproie de Planer présente un corps anguilliforme, sans écailles et sécrétant un mucus toxique abondant. Appartenant au groupe des Agnathes, comme la lamproie marine et la lamproie fluviatile, elle est dépourvue de mâchoires et possède à la place un disque buccal étroit abritant des denticules cornés et obtus.
De chaque côté de la tête est disposée une rangée de sept orifices branchiaux de forme circulaire, qui lui permettent notamment de respirer en cas de fixation au fond (bouche obstruée temporairement). Les yeux de la lamproie de Planer sont très bien développés, bien que primitifs, et une unique narine est visible entre les deux. Ses deux nageoires dorsales sont contigües, avec une nageoire dorsale plus haute et plus longue que l’autre. Comme les autres espèces de lamproies, elle ne possède pas de nageoires paires. Sa nage est exercée par des mouvements ondulatoires du corps.
À l’âge adulte, le dos est de couleur grise, ses flancs sont plus clairs et son ventre est blanc.
La taille moyenne de la lamproie de Planer est comprise entre 9 à 15 cm (19 cm max), pour un poids allant de 2 à 5 g. Les femelles sont plus grandes que les mâles.

© Yannick Ledoré / FFAL

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Habitat et répartition
Une espèce des eaux vives et bien oxygénées
La lamproie de Planer partage les mêmes habitats que le chabot fluviatile.
Sédentaire, elle vit dans les cours d’eau clairs et bien oxygénés, à courant modéré à rapide, souvent situés en tête de bassin versant et dans les secteurs amont et moyen des rivières. Elle préfère les fonds sableux ou vaseux fins, riches en matière organique, où ses larves s’enfouissent notamment pendant plusieurs années.
Où la rencontrer ?
📍 Europe (espèce autochtone)
En France, la lamproie de Planer colonise les rivières de l’Est et du Nord, ainsi que les bassins de la Dordogne, de la Loire, de la Charente, de la Garonne, de l’Adour et du Rhône. Elle se rencontre également en Bretagne ainsi que dans le Nord-Est de la France.
Elle est cependant rare dans le Sud-Est et dans les régions méditerranéennes.
Reproduction
La lamproie de Planer se reproduit entre mars et avril, quand les individus atteignent généralement entre 90 et 150 mm de longueur (maturité sexuelle), et quand la température de l’eau est comprise entre 8 et 11 °C.
Pour rejoindre les sites de ponte, les géniteurs peuvent parcourir des trajets de plusieurs centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres. Les sites sont similaires à ceux ciblés par la lamproie fluviatile et la truite fario. Le nid en forme de cuvette est par contre plus petit (20 cm de large pour 10 cm de profondeur) et façonné avec des graviers et des galets. Les modalités de reproduction sont également les mêmes que la lamproie fluviatile : la femelle se fixe aux galets les plus gros grâce à son disque buccal et pond dans le nid (440 000 ovules/kg) quand le mâle se fixe sur sa tête et l’étreint. Il n’est pas rare de voir plusieurs couples d’individus se reproduire sur un même site de ponte. Plus de 30 individus des deux sexes ont déjà été observés en train de s’accoupler et jusqu’à cent fois par jour.
Les lamproies de Planer se reproduisent toutes en même temps et meurent toutes à la fin après la reproduction. Après une période d’incubation de 3 à 4 jours, les ammocètes s’enfouissent dans les sédiments durant une période de 3 à 5 ans, où elles se nourrissent en filtrant les micro-organismes. Elles sont alors aveugles et leur bouche est en forme de fer à cheval. Vers la fin du stade larvaire (5 à 15 cm), leurs yeux se développent ainsi que leur dentition et leurs organes reproducteurs. À l’âge adulte, en raison de la dégénérescence de leur système digestif, la lamproie de Planer ne s’alimente plus.
Là où la lamproie marine et la lamproie fluviatile sont des grandes migratrices qui rejoignent la mer pour se nourrir avant de remonter frayer, la lamproie de Planer est strictement sédentaire : elle naît, vit, se reproduit et meurt en eau douce.

© Yannick Ledoré

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Alimentation
La lamproie de Planer possède un cycle alimentaire particulier, en deux temps radicalement opposés.
Enfouies dans les sédiments, les larves (ammocètes), aveugles, filtrent la matière organique en décomposition, les micro-organismes et les particules fines en suspension dans l’eau.
À l’âge adulte, la lamproie de Planer ne s’alimente plus du tout. Cette phase de son cycle de vie, d’une durée de quelques semaines à quelques mois, est uniquement dédiée à la reproduction.
Statut de conservation
La lamproie de Planer figure dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 La lamproie de Planer est très proche de la lamproie fluviatile. Selon plusieurs études, il s’agirait d’une forme évoluée non-migratrice de cette dernière : une espèce dérivée qui aurait perdu son comportement migratoire au cours de l’évolution.
💡 Contrairement aux idées reçues, la lamproie de Planer n’est pas un poisson au sens classique. Elle appartient aux Agnathes, une super-classe de vertébrés dépourvus de mâchoires, apparue il y a plus de 500 millions d’années.
Illustration © Victor Nowakowski



