Nom commun : Pseudorasbora

Nom scientifique : Pseudorasbora parva (Schlegel, 1842)

Autres noms : goujon asiatique, goujon de pierre

Famille : Cyprinidés

Description

Le Pseudorasbora présente un corps allongé. Sa tête est munie d’une bouche fortement supère, à la mâchoire supérieure protractile. Ses nageoires dorsale et anale sont courtes. La robe est de couleur gris argenté à verdâtre, avec un dos sombre et des flancs plus clairs. Le bord postérieur des écailles recouvrant son corps est foncé.

Durant la reproduction, le mâle se pare de tubercules nuptiaux blancs autour de la bouche et des yeux ainsi que d’une couleur grise violacée. La femelle est jaune dorée.

Le Pseudorasbora peut mesurer jusqu’à 11 cm pour un poids de 10 g.

Habitat et répartition

Une espèce ultra-adaptable

Le Pseudorasbora fréquente les eaux calmes, peu profondes et stagnantes : étangs, lacs, canaux, plans d’eau artificiels et rivières lentes. Vivant principalement en eau douce, il n’est pas rare de le rencontrer également en eau saumâtre, le long des zones côtières et lagunaires.

Très tolérant, comme le Poisson-chat (Ameiurus melas) et la Perche soleil (Lepomis gibbosus), il supporte de faibles taux d’oxygène et des températures élevées, ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux, y compris les plus dégradés. Ses nombreux traits de vie sont partagés par d’autres espèces classées aujourd’hui comme espèces envahissantes.

Où le rencontrer ?

📍 Asie de l’Est (espèce introduite en France)

Introduit accidentellement en Europe dans les années 1960 (probablement via l’importation de carpes chinoises pour l’aquaculture), le Pseudorasbora s’est largement répandu dans de nombreux pays, dont la France où il est désormais présent depuis la fin des années 1970.

Reproduction

Le Pseudorasbora se reproduit entre avril et juin. Les mâles deviennent territoriaux et construisent des nids rudimentaires dans la végétation, sur des racines, des pierres ou même des substrats artificiels.

Les femelles y déposent leurs ovules adhésifs, en plusieurs couches successives pendant toute la saison. Le mâle féconde, protège et ventile les œufs avec ses nageoires pour favoriser leur développement.

Une fois éclos, les alevins grandissent rapidement et atteignent leur maturité sexuelle dès l’année suivante.

Avec ses pontes multiples, sa maturité précoce et son comportement parental protecteur, le Pseudorasbora dispose d’une stratégie reproductive parfaitement optimisée pour la colonisation rapide de nouveaux milieux. C’est l’une des principales raisons de son succès en tant qu’espèce envahissante.

Alimentation

Le Pseudorasbora est un poisson très opportuniste, au spectre alimentaire relativement large.

Les alevins consomment surtout du plancton et des micro-organismes.

En grandissant, ils se nourrissent d’invertébrés aquatiques, de larves d’insectes, de petits crustacés, de débris végétaux, d’algues, ainsi que parfois d’œufs et d’alevins d’autres poissons.

Très adaptable, le Pseudorasbora modifie son alimentation selon la disponibilité des ressources.

Statut de conservation et impacts écologiques

Le Pseudorasbora figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).

Il est inscrit sur la liste de l’Union européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes, au titre du Règlement européen 1143/2014. Cette inscription, plus contraignante que la simple qualification d’EEE, implique :

  • Interdiction d’importation, transport, mise sur le marché, élevage, reproduction
  • Obligation pour les États membres de mettre en place des mesures de gestion
  • Surveillance active des populations dans les milieux naturels

Ses impacts écologiques documentés :

  • Compétition intense avec les espèces autochtones, notamment les autres petits cyprinidés
  • Prédation sur les œufs et alevins d’espèces indigènes
  • Vecteur d’un parasite mortel

Le saviez-vous ?

💡 Le Pseudorasbora est l’hôte sain d’un parasite, Sphaerothecum destruens, qui peut affecter gravement d’autres poissons (salmonidés, cyprinidés, bouvière…) sans présenter lui-même de symptômes. Ce parasite peut provoquer des mortalités massives dans les populations autochtones : c’est l’une des raisons majeures de son classement parmi les Espèces Exotiques Envahissantes les plus dangereuses d’Europe.

💡 Depuis sa première détection en Roumanie en 1961, le Pseudorasbora a colonisé plus de 30 pays européens en seulement six décennies.

Illustration © Victor Nowakowski

 

Non applicable
(UICN, juillet 2019)


Découvrez sa répartition sur le bassin Seine-Normandie

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