
Nom scientifique : Silurus glanis
Autres noms : glane, silure d’Europe
Famille : Siluridés
Le silure glane est l’un des plus grands poissons d’eau douce d’Europe. Avec ses 3 paires de barbillons sensoriels, son corps massif pouvant dépasser 2 mètres et son comportement nocturne, il est aussi l’un des plus discrets. Native d’Europe centrale, l’espèce a été introduite en France dans les années 1970 pour la pêche sportive et s’est depuis largement implantée dans la quasi-totalité des bassins.
Habitat et répartition
Une espèce des grandes eaux profondes
Le silure glane vit dans les eaux calmes, profondes et souvent turbides des cours d’eau de plaine, ainsi que dans les grandes rivières, les fleuves, les lacs et parfois les canaux.
Il préfère les zones profondes avec des fonds vaseux ou sableux, où il se repose le jour. Nocturne, il chasse surtout la nuit.
Très adaptable, il peut vivre dans des eaux courantes ou stagnantes et occuper de vastes territoires.
Une espèce au double statut
- Europe centrale et orientale (espèce native)
Le silure est originaire des grands bassins fluviaux d’Europe centrale et orientale : Danube, Volga, Dniepr, Don, mer Noire, mer Caspienne, mer Baltique.
L’intérêt halieutique et piscicole de l’espèce a favorisé son introduction relativement récente dans tous les bassins fluviaux français. Depuis, elle a connu une expansion rapide et est désormais largement implantée dans presque tous les bassins : Rhône, Saône, Seine, Loire, Garonne, Adour…
Contrairement aux EEE comme le poisson-chat, la perche-soleil ou le pseudorasbora, le silure n’est pas inscrit sur les listes officielles des espèces exotiques envahissantes. C’est une espèce européenne native, simplement déplacée à l’intérieur de son continent d’origine. Son statut écologique reste l’objet de débats scientifiques : impact réel sur les écosystèmes français, compétition avec les autres carnassiers, prédation sur les migrateurs (saumon, alose…).
Reproduction
Le silure glane se reproduit au printemps ou au début de l’été, lorsque l’eau reste chaude pendant plusieurs semaines (au-dessus de 20°C en général).
Le mâle construit un nid peu profond, souvent près de la berge et parmi la végétation. La femelle y dépose ses œufs, immédiatement fécondés par le mâle. Celui-ci protège le nid et ventile les œufs avec ses nageoires jusqu’à l’éclosion. Les larves restent quelques jours dans le nid avant de se disperser.
Comme chez le poisson-chat, la perche-soleil ou le sandre, les soins parentaux marqués sont l’une des clés du succès du silure dans les nouveaux milieux qu’il colonise.
Alimentation
Les jeunes silures se nourrissent surtout de larves d’insectes, de vers et de petits invertébrés.
En grandissant, ils ajoutent à leur régime des crustacés, des mollusques, des grenouilles, des écrevisses ainsi que des petits poissons
À l’âge adulte, le silure devient un piscivore opportuniste majeur, capturant principalement des poissons (gardons, brèmes, perches, sandres, voire d’autres silures…) et, plus rarement, des oiseaux aquatiques.
Sa grande gueule et ses trois paires de barbillons sensoriels lui permettent de chasser efficacement de nuit, en détectant les vibrations et les odeurs dans les eaux les plus troubles. Opportuniste, le silure s’adapte aux proies disponibles.
Statut de conservation
Le silure glane est classé « non applicable » (NA) sur la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019), en raison de son statut d’espèce introduite.
Le saviez-vous ?
💡 Des barbillons radar. Le silure utilise ses longs barbillons comme des capteurs sensoriels pour détecter les vibrations et les odeurs, ce qui lui permet de chasser efficacement dans les eaux troubles — y compris en pleine nuit. Ses trois paires de barbillons (deux paires sur la mâchoire inférieure, une sur le maxillaire supérieur) sont parmi les organes sensoriels les plus performants du règne animal aquatique.
💡 Chasseur d’oiseaux ? Le silure est connu pour des comportements de chasse étonnants. Dans certaines rivières (Tarn, Loire, Albi…), il a été observé en train de se propulser sur la berge pour attraper des pigeons venus boire ou s’y baigner. Ce comportement spectaculaire, documenté scientifiquement, fait du silure l’un des prédateurs d’oiseaux d’eau les plus inattendus.
💡 Un cousin lointain du poisson-chat. Bien qu’ils appartiennent à des familles distinctes (Siluridés pour le silure, Ictaluridés pour le poisson-chat), le silure et le poisson-chat ont des traits morphologiques communs : peau lisse sans écailles, barbillons caractéristiques, comportement de fond. À ne pas confondre, cependant : le silure peut atteindre 100 fois la taille du poisson-chat !
Pour aller plus loin
🔗 Fiche INPN du silure glane
👉 https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/67585
Illustration © CC Dunbar P.



