Nom commun : Silure glane
Nom scientifique : Silurus glanis
Autres noms : glane, silure d’Europe
Famille : Siluridés
Description
Le Silure glane est un poisson massif, à la tête large et aplatie et aux yeux peu développés. Sa large bouche est dotée de trois paires de barbillons : deux paires non mobiles sur la mâchoire inférieure et une paire mobile sur la mâchoire supérieure. Représentant un tiers environ de l’animal, son corps est fortement comprimé dans sa partie postérieure, avec des nageoires paires munies d’un rayon ossifié et une petite nageoire dorsale rudimentaire. La nageoire anale, particulièrement longue, est séparée de la caudale.
La coloration de sa robe, sans écailles et visqueuse, varie du vert olive au gris anthracite unie, voire mouchetée. La face ventrale est blanche.
Plus grand poisson d’eau douce de France, le Silure glane mesure généralement 1,5 m pour un poids d’environ 40 kg, mais il peut atteindre jusqu’à 2,5 m de longueur, pour un poids maximal allant de 80 à 106 kg.

© FNPF/Laurent Madelon

© FNPF/Laurent Madelon
Habitat et répartition
Une espèce des grandes eaux profondes
Le Silure glane fréquente les eaux calmes, profondes et souvent turbides des cours d’eau de plaine et des grands lacs. Il préfère les zones profondes aux fonds vaseux ou sableux, où il se repose le jour. Nocturne, il chasse surtout la nuit.
Très adaptable et thermophile, il peut vivre dans des eaux courantes ou stagnantes, effectuer de longs déplacements et occuper ainsi de vastes territoires.
Où le rencontrer ?
📍 Europe septentrionale (espèce introduite en France)
Le Silure glane est originaire des grands bassins fluviaux d’Europe centrale et orientale : Danube, Volga, Dniepr, Don, mer Noire, mer Caspienne, mer Baltique…
Introduit en 1851 dans les bassins de Versailles (sans résultat), puis en 1857 dans le Rhin, l’intérêt halieutique et piscicole de l’espèce a favorisé son introduction relativement récente dans tous les bassins fluviaux français. Depuis, elle a connu une expansion rapide et est désormais largement implantée dans presque tous les bassins : Rhône, Saône, Seine, Loire, Garonne, Adour…
Une espèce au double statut
Contrairement aux Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) comme le Poisson-chat (Ameiurus melas), la Perche soleil (Lepomis gibbosus) ou le Pseudorasbora (Pseudorasbora parva), le silure glane n’est pas inscrit sur les listes officielles des espèces exotiques envahissantes. Il s’agit d’une espèce européenne indigène, simplement déplacée à l’intérieur de son continent d’origine. Son statut écologique reste l’objet de débats scientifiques : impact réel sur les écosystèmes français, compétition avec les autres carnassiers, prédation sur les poissons migrateurs (saumons, grandes aloses…).
Suite au décret n° 2026-464 du 8 juin 2026, le silure glane est classé comme « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » (ESPDB) dans les bassins hydrographiques Adour-Garonne et Loire-Bretagne.
Reproduction
Le Silure glane se reproduit au printemps ou au début de l’été, quand la température de l’eau atteint 20 °C pendant 2 ou 3 mois.
Le mâle construit un nid peu profond, souvent près de la berge et parmi la végétation. La femelle y dépose ses ovules (20 000 à 30 000 ovules/kg). Le mâle les féconde, protège le nid et le ventile avec ses nageoires afin d’oxygéner les œufs jusqu’à l’éclosion (2 à 3 jours d’incubation sous 22-25 °C). Les larves restent quelques jours dans le nid avant de se disperser et de poursuivre leur cycle de croissance.
Alimentation
Le Silure glane est un poisson carnivore opportuniste qui chasse de préférence la nuit et en eaux peu profondes.
Au début de son stade juvénile, il se nourrit surtout de petits invertébrés (larves, insectes, etc.).
En grandissant, il ajoute à son régime des crustacés, des mollusques, des grenouilles, des écrevisses ainsi que des petits poissons.
À l’âge adulte, le Silure glane devient un piscivore opportuniste majeur, capturant principalement des poissons de différentes tailles et espèces (gardons, brèmes, perches, sandres, etc.), mais également des rongeurs, des amphibiens ou encore plus exceptionnellement des oiseaux. Il pratique également le cannibalisme en se nourrissant de petits silures.
Sa grande gueule et ses trois paires de barbillons sensoriels lui permettent de chasser efficacement de nuit, en détectant les vibrations et les odeurs dans les eaux les plus troubles.
Il n’est pas rare de le croiser au pied des ouvrages hydrauliques, là où il est susceptible de trouver de nombreuses proies.
Statut de conservation
En tant qu’espèce introduite, le Silure glane figure dans la catégorie « non applicable » (NA) de la Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le saviez-vous ?
💡 Le Silure glane est connu pour ses comportements de chasse étonnants. Dans certaines rivières (Tarn, Loire…), il a été observé en train de se propulser sur la berge pour attraper des pigeons venus boire ou se baigner. Ce comportement spectaculaire, documenté scientifiquement, fait de lui l’un des prédateurs d’oiseaux d’eau les plus inattendus.
💡 Bien qu’ils appartiennent à des familles distinctes (Siluridés pour le Silure glane, Ictaluridés pour le Poisson-chat), tous deux partagent une peau lisse sans écailles, des barbillons caractéristiques et un comportement de fond. À ne pas confondre, cependant : le Silure glane peut atteindre 100 fois la taille du Poisson-chat !
Illustration © Victor Nowakowski

