La restauration de la Cousances à Souilly (55)

 La Consances est un cours d’eau qui coule dans le département de la Meuse. De première catégorie piscicole, il accueille principalement des espèces comme la Loche franche, le Vairon ou encore la Truite fario. Cette dernière est une espèce emblématique de ce type de cours d’eau.

Depuis plusieurs années, la reproduction naturelle n’est plus suffisante ; c’est pourquoi, les Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) ont tendance à repeupler leur cours d’eau grâce à des alevinages. C’est-à-dire qu’ils reversent dans leurs rivières des alevins, qui pourront se développer puis être pêché. C’est pourquoi, lors de la rédaction du Plan Départemental pour la Protection du Milieu Aquatique (PDPG), ce cours d’eau a été classé comme étant un contexte salmonicole « perturbé ».

Afin de rendre à la Cousances sa fonctionnalité piscicole, l’AAPPMA de Fleury sur Aire « Aire et Cousances » et la Fédération de la Meuse pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique ont initié en 2011 des travaux de restauration.

DE QUELS TRAVAUX S’AGIT-IL ?

Les travaux de restauration hydromorphologique ont eu lieu en deux temps. La première phase a débuté en 2011 :

  • Tout d’abord, une restauration de la ripisylve (formation boisée se trouvant sur les bords d’un cours d’eau), initialement absente, a été faite. Des arbres et arbustes ont donc été plantés sur un linéaire de 1400 mètres. Les plantations ont été faites à mi-berge / haut de berge, et avec une densité moyenne d’un arbre tous les 6 mètres. Cette action apporte divers bénéfices : une protection des berges contre l’érosion grâce aux systèmes racinaires, un effet « tampon » entre le cours d’eau et les pollutions terrestres (nitrate, phosphates…), une zone de refuge et de ressource pour certaines espèces…

  • Une restauration de la diversité des écoulements et des habitats : Ces actions ont pour but de retrouver une diversité des écoulements à l’origine de faciès, de vitesse de courant, de profondeur d’eau, de substrats supports, de végétation aquatique… Pour cela, des déflecteurs (photo de gauche), des îlots ainsi que des resserrements ponctuels (photos de droite) ont été fait afin de « casser » l’écoulement laminaire et uniforme.

 

  • Des recharges granulométriques ont été faites sur la partie amont du tronçon. Des granulats adaptés à la fraye de la Truite fario ont été disposés dans le fond du cours d’eau.

  • Pour terminer, il a fallu protéger l’affluent « La Fontaine » et le cours d’eau principal contre le piétinement du bétail présent en rive gauche. Pour cela, des clôtures ont donc été installées.

En 2016, une pêche électrique a été faite afin de faire un bilan du peuplement piscicole du cours d’eau. Cet inventaire a mis en évidence un manque de zone de frayère sur la partie amont de la Cousances.

C’est pourquoi, la FDPPMA55 a mis en place une deuxième phase de travaux en 2019, sur un tronçon en aval du précédent. Des zones de frayère ont donc été mises en place grâce à différents aménagements :

  • Des épis accompagnés de recharge granulométrique. Ces épis sont composés de bloc de calcaire
  • Des seuils de fonds submergés avec recharge granulométrique en amont
  • Des recharges granulométrique composées de graviers et de petits galets d’origine alluvionnaire.

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Les premiers aménagements de 2011 ont été financés par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, l’Entente Oise-Aisne, la Codecom Meuse-Voie Sacrée, la Fédération Nationale pour la Pêche en France, EDF-FNPF, FDPPMA55 ainsi que l’AAPPMA locale, pour un coût total de 23 840,47 euros TTC.

Les coûts de la seconde phase s’élèvent à 10 283 euros TTC et ont été financés par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, le Conseil départemental, la FNPF, la FDPPMA55 ainsi que l’AAPPMA locale.

Et ensuite ?

Le suivi de l’action sera réalisé par l’AAPPMA de Fleury-sur-Aire avec le soutien de la FDPPMA 55.

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