L’Armance est un cours d’eau classé en seconde catégorie piscicole, l’espèce repère est donc le brochet. Ce dernier a besoin de zones humides fonctionnelles pour se reproduire. On appelle continuité latérale la connexion entre le cours d’eau et les zones humides, zones annexes au cours d’eau. Cette continuité est essentielle pour permettre le passage des géniteurs qui entrent et sortent de la frayère pour se reproduire. Suivis un peu plus tard par les alevins de brochets qui rejoignent la rivière pour poursuivre leur croissance.

Cependant, l’activité anthropique a fortement impacté le nombre de zones humides fonctionnelles. Sur l’Armance, ce sont les travaux de recalibrage qui ont été les plus impactant pour le milieu. Le recalibrage était une pratique courante au siècle dernier et une véritable catastrophe écologique. Il était alors question de travailler les berges et de creuser le lit mineur : élargir et approfondir le cours d’eau à des fins agricoles notamment. Outre l’homogénéisation des habitats aquatiques, les perturbations hydromorphologiques ainsi que l’augmentation du débit du cours d’eau recalibré, ces travaux assèchent également les zones humides.

Fort de ce constat, la Fédération de l’Aube pour la pêche et la protection du milieu aquatique met en place depuis 2005, un programme d’actions « vallée de l’Armance ». C’est dans le cadre de ce programme qu’elle a entrepris des travaux, sur un ancien méandre de l’Armance à Avreuil en 2013. Le site, recoupé artificiellement était envasé et envahi par de la végétation arbustive ; il présentait, selon une étude, une zone potentiellement favorable à la reproduction du brochet.

Le montant de l’action s’élève à 22 365,12 € TTC. L’agence de l’eau Seine Normandie, la région Grand Est (anciennement Conseil Régional Champagne Ardenne), l’Union des Fédérations du Bassin Seine Normandie (anciennement Union Régionale Seine Nord), la FNPF et la Fédération de l’Aube ont financé les travaux.

Quels travaux ont été entrepris?

Quels sont les avantages des zones humides pour les cours d’eau et la biodiversité?

  • D’absorber l’eau en période de crue, et d’en restituer une partie en période d’étiage ; le fonctionnement est similaire à celui d’une éponge. L’étiage correspond au niveau annuel moyen le plus bas d’un cours d’eau.

  • D’améliorer la qualité de l’eau en augmentant son pouvoir d’autoépuration. Cela conduit donc à se rapprocher des objectifs de la directive européenne cadre sur l’eau quant à l’atteinte du bon état écologique des cours d’eau.

  • D’offrir une diversité d’habitats pour la faune et la flore (qu’elle soit aquatique ou terrestre).

  • D’offrir des zones d’alimentation, de reproduction et de repos pour de nombreuses espèces de poissons. Les Fédérations pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique ont fait du brochet un vrai cheval de bataille. En effet, il s’agit d’une espèce patrimoniale à forte valeur halieutique et classée vulnérable selon l’UICN, oui mais pas que. Le brochet est une espèce parapluie, c’est à dire que toutes les actions qui lui seront bénéfiques, le seront également pour tout un cortège d’espèces…