La restauration de la continuité écologique en forêt domaniale de Saint Michel (02)

Le ruisseau de Fourchamp est un affluent de l’Artoise, un cours d’eau qui a obtenu le prestigieux label rivières sauvages, qui valorise la qualité écologique du site. Le Grand Riaux est lui, comme l’Artoise, un affluent du Gland et est considéré comme « réservoir biologique », au titre de l’article L214-17 du code de l’environnement, c’est-à-dire que de nombreuses espèces peuvent y effectuer l’ensemble de leur cycle biologique : se nourrir, se reproduire, se reposer. De plus, le ruisseau de Fourchamp et le Grand Riaux sont, au titre de ce même article, classés en liste 2, ce qui signifie que : « tout ouvrage doit y être géré, entretenu et équipé ». Ils sont situés en forêt domaniale de Saint Michel.

Il est donc très important de préserver la continuité écologique sur ces cours d’eau, continuité qui est définie par le ministère de l’écologie comme : «  la circulation des espèces et le bon déroulement du transport de sédiments » et qui contribue au bon état écologique des cours d’eau selon la directive européenne cadre sur l’eau de 2000.

Les ouvrages, notamment les buses qui permettent le passage des engins forestiers, sont un frein à la continuité écologique puisqu’ils limitent, voire empêchent la circulation des poissons, et notamment des espèces cibles, qui sont pour le Grand Riaux et le ruisseau de Fourchamp, respectivement la truite fario et le chabot.

Dans un état des lieux effectué en 2011, 7 ouvrages ont été recensés sur les sites. La Fédération de pêche et de protection des milieux aquatiques de l’Aisne a donc décidé, en partenariat avec l’Office national des forêts et le Syndicat intercommunal pour la gestion du bassin versant de l’Oise Amont de supprimer ou d’aménager ces différents ouvrages tout en préservant les usages liés à l’activité forestière.

Quels travaux ont été entrepris?

Les travaux ont eu lieu en 2019 et ont consisté à :

  • La suppression d’un ouvrage qui n’avait plus d’utilité pour l’exploitation forestière.
  • La transformation de deux buses en ponts cadre.
  • L’installation de deux cadres en béton en parallèle de deux anciennes buses et le terrassement d’un nouveau tracé du cours d’eau pour permettre une remise au point bas.
  • La conservation d’une buse qui a cependant été enterrée plus profondément pour retrouver des écoulements proches des écoulements naturels.

Pour privilégier l’implantation d’un substrat local, il n’y a pas eu de recharge granulométrique. Cependant, des blocs ont tout de même été posés sur les parties latérales pour favoriser le dépôt de sédiments et créer des zones d’abris.

Pour évaluer l’efficience des travaux de restauration qui ont été mis en place, un suivi démographique de la truite fario aura lieu annuellement.

Combien ça coûte?

Les travaux, d’un montant de 161 784 € TTC, ont été financés par l’Office national des forêts et l’Agence de l’eau Seine Normandie.

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