La restauration du Dolloir : l’ancienne pisciculture d’Essises (02)

Le Dolloir est un cours d’eau du département de l’Aisne. C’est un cours d’eau de première catégorie avec un fort potentiel pour accueillir l’intégralité des cycles de vie des espèces piscicoles comme la truite fario, espèce repère de ce type de cours d’eau. Seulement, le Dolloir est encore cloisonné par une dizaine d’obstacles transversaux, à l’image de celui de l’ancienne pisciculture d’Essises. Cet ouvrage, sans usage, a été identifié comme étant un obstacle à la continuité écologique. Le classement du Dolloir en liste 2 de l’article L.214-17 du Code de l’Environnement, où, dans le but « d’assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. Tout ouvrage doit y être géré, entretenu et équipé » est un outil réglementaire encourageant les propriétaires d’ouvrages à agir. Ainsi, les propriétaires riverains de l’ancienne pisciculture d’Essises, ont mandaté la Fédération de l’Aisne pour la Pêche et pour la Protection du Milieu Aquatique afin de réaliser les travaux d’effacement du seuil.

Quelles étaient les conséquences de la présence de ce seuil sur le milieu ?

La présence d’obstacles transversaux n’est pas sans impacts sur la dynamique fluviale. Dans le cas d’Essises, plusieurs conséquences ont été identifiées par la FDPPMA de l’Aisne, telles que :

  • La modification du transport solide avec notamment les phénomènes de colmatage et d’érosion régressive (érosion en amont de l’ouvrage).
  • Le ralentissement de l’écoulement de l’eau.
  • La perte d’habitats, de part l’homogénéisation de ces derniers.
  • L’obstacle aux migrations piscicoles. Qu’il s’agisse des petits ou des grands migrateurs, avec une hauteur de chute d’1m80, le seuil d’Essises est infranchissable. De ce fait, les zones de reproduction situées en tête de bassin versant ne sont pas accessibles.
  • Un débit réservé trop faible. Le débit réservé est un débit minimal essentiel à la survie du cours d’eau. Le propriétaire d’un ouvrage se doit de respecter ce débit afin d’assurer la survie piscicole ; et, d’une manière plus large, celle de l’écosystème.

Quels ont été les travaux entrepris ?

Une étude de faisabilité avec modélisation hydraulique a été menée avant le début des travaux. Ces derniers se sont déroulés en deux temps, ils ont été initiés en 2016 et ont consisté à :

  • Déboiser la zone.
  • Ouvrir progressivement l’ouvrage ainsi qu’à mettre en place un filtre à paille.
  • Récupérer les matériaux issus de la destruction totale de l’ouvrage en vue du remodelage du lit mineur.
  • Remodeler le lit mineur de par la création de sinuosités, l’alternance de faciès d’écoulement (zone de dépôt- zone d’érosion) ainsi que le retalutage des berges en pente douce.

Un an après, la reprise des travaux a permis de :

  • Mettre en place un géotextile ensemencé sur les berges.
  • Planter des hélophytes.
  • Créer des abris piscicoles avec les matériaux issus de la première phase des travaux.
  • Remettre en état le site.

Combien ça a coûté ?

Les travaux réalisés sur le Dolloir à Essises s’élèvent à 31 254 € TTC, pris en charge à 100% par l’Agence de l’Eau Seine Normandie.

En 2018, une pêche électrique a été effectuée sur le site et a permis de montrer une hausse des densités d’espèces spécialisées à ce type de cours d’eau (truite fario, chabot, loche franche et vairon). Ces résultats montrent l’efficience de l’action. Seulement, pour que l’effacement du seuil d’Essises puisse être profitable à l’échelle du Dolloir, il faut davantage le décloisonner; et, continuer ainsi à ouvrir nos rivières.

Retour aux actualités